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Le président syrien décrète une amnistie

16/04/2013 09:36 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

À la veille de l'anniversaire de l'indépendance de la Syrie, le président Bachar Al-Assad annonce une amnistie partielle et une entrevue qui sera diffusée mercredi par la chaîne Al-Ikhbariya.

Depuis le début du conflit en Syrie, qui a fait quelque 70 000 morts en deux ans, le président syrien a entrepris quelques initiatives pour tenter de contenir la protestation, mais aucune n'a réussi à diminuer la violence.

M. Al-Assad a commencé par lever l'état d'urgence, avant d'amender la Constitution et enfin d'organiser des élections législatives qui se sont déroulées en pleine guerre civile.

Le chef de l'État décrète maintenant une amnistie pour certains crimes et des réductions de peine, a annoncé mardi l'agence officielle Sana.

Les peines des détenus condamnés pour des crimes ou des délits ont été réduites et celles des « Syriens qui ont rejoint les terroristes » sont diminuées d'un quart.

« Les déserteurs de l'armée [...] peuvent bénéficier d'une grâce totale s'ils se rendent aux autorités », mais ceux qui ont volé des armes ne bénéficient d'aucune indulgence.

Peuvent aussi bénéficier de cette mesure les civils possédant des armes, à condition qu'ils les rendent dans un délai de 30 jours.

Le ministre syrien de la Justice, Najem Al-Ahmad, a déclaré que cette amnistie vise à « renforcer la réconciliation sociale [...] à l'occasion de la fête nationale ».

Selon la télévision, ce décret devrait conduire à la libération de 7000 détenus.

Annonce insatisfaisante pour l'opposition

Pour Moaz Alkhatib, président démissionnaire de la Coalition nationale syrienne, organe de l'opposition, l'amnistie ne sera considérée comme un geste positif que si les femmes et les enfants derrière les barreaux sont remis en liberté dans les jours qui viennent.

« Nous voulons une amnistie des crimes et la libération de tous les innocents, qui sont au nombre de 160 000. Chose plus importante, parmi eux figurent des femmes et des enfants. Si [leur libération] a lieu, il s'agira d'un pas vers une solution », écrit-il sur sa page Facebook.

Paris craint que cette mesure soit une « nouvelle manœuvre dilatoire ». Pour sa part, Washington souligne que « des dizaines de milliers de prisonniers politiques sont toujours dans les geôles syriennes ».

L'opposition demande au Liban de maîtriser le Hezbollah

Par ailleurs, l'opposition syrienne a demandé au gouvernement libanais de contrôler les frontières du pays afin d'éviter que le mouvement chiite du Hezbollah, allié de Damas, ne tire sur des localités rebelles en Syrie.

« Nous demandons au gouvernement libanais d'agir pour arrêter les agressions du Hezbollah et de protéger les civils innocents à la frontière syro-libanaise », écrit la coalition dans un communiqué.

La coalition a également appelé les « bataillons de l'Armée syrienne libre (ASL) dans la province ouest de Homs [centredu pays] à la retenue et à respecter les frontières souveraines du Liban ».

L'opposition syrienne avait accusé dans le passé le mouvement armé chiite libanais de combattre au côté du régime de Bachar Al-Assad et, en février, l'Armée syrienne libre avait menacé de bombarder les forces de ce parti.

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