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La Tunisie proche d'un prêt du FMI, la croissance 2013 revue à la baisse

16/04/2013 11:55 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

La Tunisie et le Fonds monétaire international ont indiqué mardi être "proches d'un accord" sur un prêt de 1,75 milliard de dollars au moment où la prévision de croissance a été revue à la baisse à 4% dans un contexte de tensions sociales et de difficultés économiques.

"Le FMI et le gouvernement tunisien sont proches d'un accord de principe sur l'octroi du prêt de 1,75 milliard de dollars", a indiqué devant la presse Amin Mati, directeur-adjoint Moyen-Orient et Asie centrale du FMI.

Il a précisé qu'une décision finale pourrait être prise en mai pour ce crédit à un taux de 1,08% lors du conseil d'administration du FMI. Ces chiffres sont légèrement différents de ceux avancés précédemment et qui tablaient sur un prêt de précaution de 1,78 milliard de dollars à 1,5%.

M. Mati a par ailleurs précisé que le FMI tablait sur une croissance du PIB de 4% en 2013, un taux repris par le ministre des Finances Elyes Fakhfakh, indiquant avoir revu à la baisse d'un demi-point de pourcentage sa prévision.

"L'économie tunisienne reste tributaire de chocs exogènes comme la crise en Europe et l'incertitude politique (en Tunisie) qui pourrait entraver l'investissement", a relevé le responsable du FMI.

Le FMI avait annoncé le 4 février qu'un accord allait intervenir dans "les prochaines semaines" pour l'octroi à la Tunisie d'un financement destiné à soutenir la "transition" du pays et l'aider à faire face à d'éventuels "chocs" extérieurs.

Mais l'octroi de ces fonds a été ralenti par une grave crise politique après l'assassinat le 6 février de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd qui a provoqué la chute du gouvernement.

Le gouverneur de la Banque centrale tunisienne Chedly Ayari a souligné mardi que la Tunisie avait besoin de ce matelas de sécurité, mais que le pays n'était pas pour autant au bord de la faillite.

"C'est le premier recours au FMI depuis 1986", a-t-il dit, "mais les conditions ne sont pas les mêmes. En 86, nous étions au bord de la faillite et n'avions pas de devises".

"Aujourd'hui, nous avons l'équivalent de 8,6 milliards de dollars (de réserves) et une croissance de 3,6% en 2012", a-t-il souligné.

Minée par l'instabilité politique, des conflits sociaux à répétition et des investissements en berne, la croissance tunisienne est restée insuffisante pour véritablement entamer le mal endémique du pays qu'est le chômage (17% de la population active environ).

Or la révolution de janvier 2011 avait été largement nourrie par la misère et le manque d'emplois, particulièrement pour les jeunes. Les conflits sociaux et les grèves, parfois violents, se sont multipliés ces derniers mois, accroissant encore la frilosité des investisseurs.

La situation économique s'est cependant largement améliorée par rapport à l'année 2011, lorsque la Tunisie avait connu une grave récession.

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