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Guantanamo: la détention illimitée "intolérable" doit prendre fin (rapport)

16/04/2013 02:21 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Le rapport d'un groupe indépendant préconise mardi de mettre fin à la "situation aberrante et intolérable de la détention illimitée" dans la prison de Guantanamo, et condamne l'"alimentation de force" de certains détenus en grève de la faim.

Cette étude, signée de l'organisation bipartisane Constitution Project, recommande la fermeture de la prison de Guantanamo, avec la fin des hostilités en Afghanistan fin 2014.

Elle dénonce l'alimentation de force mise en place par les autorités militaires de Guantanamo, pour faire face à la grève de la faim en cours dans la prison, estimant qu'il s'agit "d'une forme d'abus à laquelle il faut mettre un terme".

Une centaine de détenus participent à ce mouvement, pour certains depuis le 6 février, selon leurs avocats. Ils sont 45, selon le dernier bilan du capitaine Robert Durand, porte-parole de la prison, dont 13 sont alimentés de force. Deux d'entre eux ont été hospitalisés en observation.

Les grévistes, qui protestent notamment contre leur régime de détention illimitée, sans inculpation ni procès, sont ainsi nourris de force par des tubes insérés par le nez et reliés directement à l'estomac, une pratique que le rapport juge "contraire aux critères éthiques professionnels et médicaux établis" au niveau international.

S'il reconnaît "l'intérêt légitime des Etats-Unis à empêcher les détenus qu'ils détiennent de mourir de faim", le groupe de travail, composé d'anciens élus républicains et démocrates, de généraux à la retraite, de juges, d'avocats et experts, demande de se conformer aux "recommandations et critères internationaux".

L'étude de 577 pages, fruit d'un travail de deux ans, préconise que la question de la détention illimitée soit prise à bras le corps. Elle recommande pour cela la levée de l'interdiction par le Congrès des transferts de détenus aux Etats-Unis, le renvoi devant la justice civile, de préférence, et la libération ou le retour dans leur pays des détenus sans aucune accusation. Le Pentagone en a dénombré 86 sur les 166 que compte aujourd'hui la prison.

Samedi, entre 50 et 60 détenus, selon un calcul de l'AFP, ont été transférés de cellules communes du camp 6 en cellules individuelles, après une révolte qui a conduit les autorités à tirer des balles non létales. Selon le capitaine Durand, il restait mardi environ 70 détenus au camp 6, sur les quelque 130 qu'il compte habituellement.

chv/bdx

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