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FMI: croissance ralentie pour les pays pétroliers du Moyen-Orient en 2013

16/04/2013 10:07 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Les pays pétroliers du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord (MENA) verront leur croissance économique se ralentir à 3,2% en 2013, contre 5,7% l'an dernier, en raison d'une demande mondiale relativement faible sur le brut, a annoncé mardi le Fonds monétaire international (FMI).

En revanche, les pays non-pétroliers de la région vont connaître une saine croissance de 2,7%, contre 1,9% en 2012, même s'ils demeurent exposés aux incertitudes politiques, à la baisse des échanges commerciaux avec l'Europe et aux prix élevés des matières premières.

"Pour les pays exportateurs de pétrole de la région MENA, 2012 a été une année de forte croissance, avec un taux d'environ 5,75%", indique le FMI dans ses prévisions économiques mondiales, expliquant cette performance par la reprise quasi-totale par la Libye de sa production pétrolière et une forte croissance économique dans les monarchies du Golfe.

"Le taux de croissance devrait tomber à 3,25% en 2013, la hausse de la production pétrolière observant une pause dans un contexte d'une demande mondiale sur le pétrole relativement faible", poursuit-il.

Les exportateurs de brut de la région MENA sont l'Arabie saoudite, poids lourd de l'Opep, et les autres monarchies du Golfe ainsi que l'Algérie, la Libye, l'Irak, l'Iran et le Yémen.

En Iran, pays soumis à des sanctions occidentales pour son programme nucléaire controversé, la croissance va se contracter encore de 1,3% en 2013, après une contraction de 1,9% l'an dernier, selon le FMI.

L'approvisionnement supplémentaire du marché par l'Irak et la Libye devrait "largement compenser la baisse des exportations pétrolières d'Iran cette année", ajoute le Fonds, notant qu'"une nette baisse de la demande sur le pétrole d'Arabie saoudite devrait réduire légèrement sa production".

Le PIB non-pétrolier des pays exportateurs de brut devrait croître de 4,2% cette année, soutenu par des dépenses publiques en hausse, indique le FMI, prédisant pour 2014 un taux de croissance économique en légère hausse à 3,7%.

Pays par pays, l'Arabie verra sa croissance baisser de 6,8% en 2012 à 4,4% cette année, et de 3,9% en 2012 à 3,1% cette année aux Emirats arabes unis.

Au Koweït, la croissance sera en forte baisse, passant de 5,1% en 2012 à 1,1% en 2013, alors qu'au Qatar, il sera de 5,2% en 2013 contre 6,6% en 2012.

En Irak, la croissance passera à 9%, contre 8,4% en 2012, tout comme l'Algérie avec un taux passant de 2,5% l'an dernier à 3,3% en 2013.

L'économie de Libye a progressé de 6%, soutenue par une hausse de la production pétrolière désormais proche de son niveau antérieur au soulèvement de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi, indique le FMI sans donner de chiffres.

Dans les pays non-pétroliers de la MENA, la croissance reste tributaire de l'incertitude politique et des troubles liés aux révoltes du Printemps arabe et aux "retombées régionales de l'escalade du conflit en Syrie", indique le FMI.

Il cite aussi une baisse des importations des partenaires européens de ces pays et l'envolée des cours des matières premières, notamment les produits alimentaires et pétroliers.

Ces pays incluent l'Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, le Soudan, la Tunisie, Djibouti et la Mauritanie. La Syrie, ravagée par une guerre civile, en est exclue.

Le Soudan, après une contraction de 4,4% en 2012, retrouve le chemin de la croissance avec un taux de 1,2% cette année.

La Tunisie, berceau du Printemps arabe, est créditée d'un taux de croissance de 4% cette année, contre 3,6% en 2012, alors qu'en Egypte, toujours en discussion avec le FMI sur un prêt de plusieurs milliards de dollars, la croissance doit baisser à 2% en 2013, contre 2,2% l'an dernier.

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