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Drogue en Guinée-Bissau: la justice demande la levée de l'immunité de députés

16/04/2013 04:55 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

La justice bissau-guinéenne a demandé à l'Assemblée nationale de lever l'immunité d'au moins trois députés "soupçonnés" dans une affaire de trafic de 674 kg de cocaïne, saisis puis disparus en 2007, dont elle veut rouvrir le dossier, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Le procureur général de la République, Abdu Mané, a demandé lundi "la levée de l'immunité parlementaire de toutes les personnes épinglées dans cette affaire", a déclaré à l'AFP une source au parquet général.

Les agents de la police judiciaire avaient découvert en 2007, dans une villa de la périphérie de Bissau, 674 kg de cocaïne pure qui ont ensuite été récupérés puis placés dans un coffre au Trésor public.

Cette drogue avait disparu et, selon une note du parquet général à l'Assemblée nationale, trois députés dont deux du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, ex-formation au pouvoir) et un autre d'un petit parti d'opposition "sont soupçonnés d'avoir trempé dans cette affaire".

Parmi les députés cités, figure un ancien Premier ministre et un ancien secrétaire d'Etat du Trésor.

L'Assemblée nationale n'a pas encore répondu au parquet général mais selon, une source parlementaire, elle "ne s'est jamais opposée à la levée de l'immunité des personnes citées dans ce dossier".

Cette affaire intervient après l'arrestation récente par l'Agence américaine antidrogue (DEA) du contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto dit "Bubo", ex-chef de la Marine bissau-guinéenne, au large du Cap-Vert, et son envoi aux Etats-Unis où il doit être jugé prochainement.

M. Bubo Na Tchuto est classé depuis 2010 par les Etats-Unis comme "baron de la drogue" et a été un des chefs de la Marine de Guinée-Bissau, un pays devenu un point de transit important du trafic mondial de cocaïne.

En dehors du contre-amiral, quatre personnes, toutes d'anciens soldats de l'unité qu'il dirigeait, ont été également arrêtées par la DEA qui a également procédé à l'arrestation de deux Colombiens dans leur pays.

La Guinée-Bissau, pays pauvre et politiquement instable, est confrontée aux activités de narcotrafiquants qui en ont fait une zone de transit de la drogue, notamment la cocaïne, entre l'Amérique latine et l'Europe.

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