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Carlos Arredondo, l'un des héros des attentats de Boston

16/04/2013 02:57 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Endeuillés par l'attentat de Boston, qui a fait trois morts lundi lors du marathon de la ville, les Etats-Unis célébraient aussi mardi leurs héros, à l'image de Carlos Arredondo, un militant pacifiste, père d'un soldat mort en Irak, qui a des heures durant aidé les secours.

Chapeau de cow-boy sur de longs cheveux bruns, Arredondo apparaissait mardi dans de nombreuses vidéos et photos, portant secours aux blessés, dégageant les débris, et aidant les secours sur les lieux où deux bombes ont explosé à quelques secondes d'intervalle près de la ligne d'arrivée du marathon.

Son courage a d'autant plus marqué que son histoire personnelle est jalonnée de terribles épreuves.

Né au Costa Rica il y a 52 ans, il a perdu en 2004 l'un de ses fils, Alexander, tué au combat en Irak à l'âge de 20 ans. Son deuxième fils, Brian, s'est quant à lui suicidé en 2011 alors qu'il était âgé de 24 ans.

Lui-même a d'ailleurs tenté de mettre fin à ses jours quand il a appris la mort d'Alexander, mais il a survécu et s'est mué en ardent pacifiste aux côtés de sa femme Melida.

A Boston, une photo publiée dans quasiment tous les médias américains le montre courant, des traces de sang sur les mains, à côté d'un blessé évacué dans une chaise roulante par les secours.

"Je n'ai pas arrêté de lui parler, je n'arrêtais pas de lui dire +reste avec moi, reste avec moi+", a raconté Carlos Arredondo au Portland Press Herald.

Une autre photo le montre en train de quitter les lieux de l'attentat: il tend alors devant lui un drapeau américain ensanglanté et lance un regard sombre au photographe.

Il se trouvait lundi dans la zone réservée aux invités avec sa femme, où tous deux attendaient l'arrivée d'un coureur participant à la course en l'honneur de leur fils Alexander, quand les explosions ont eu lieu: "Malheureusement pour nous tous, cela s'est produit juste en face de nous. C'est une tragédie dont nous nous souviendrons toujours".

"Comme je suis volontaire à la Croix-Rouge, ma première réaction a été d'y aller et de faire mon devoir. Il y avait tellement de gens qui faisaient exactement la même chose --policiers, gardes nationaux, des spectateurs, des anciens combattants", poursuit celui qui vit aux Etats-Unis depuis les années 1980 et a obtenu la nationalité américaine en 2006.

"Dieu merci, j'ai eu le courage de traverser et d'aider des blessés en faisant des garrots avec leurs propres vêtements.

"Beaucoup de personnes avaient perdu un bras ou une jambe", a-t-il déclaré à ABC. "J'ai fait ce que j'ai pu".

La solidarité s'est organisée très vite lundi à Boston, après les attentats, saluée notamment par son maire Thomas Merino.

"C'est une tragédie mais Boston est une ville forte", a-t-il commenté mardi lors d'une conférence de presse, en rendant hommage à tous ses "héros".

"Tous les hommes et femmes qui portent des casques, des badges, les coureurs qui ont nous ont aidé hier quand nous en avions besoin".

Avec les forces de l'ordre, nous allons nous assurer que la ville se remet", a-t-il promis. "Continuons à travailler ensemble, continuons à tendre la main à ceux qui en ont besoin en ce moment difficile".

mar/mdm/bd

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