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Attentats du marathon de Boston: les enquêteurs cherchent qui et pourquoi

16/04/2013 08:57 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Qui et pourquoi ? La ville de Boston (nord-est des Etats-Unis) traumatisée cherchait des réponses mardi, au lendemain du double attentat qui a endeuillé le mythique marathon de la ville, faisant trois morts et plus de 140 blessés.

"La terreur est de retour", titrait USA Today.

Près de 12 ans après le 11-Septembre, les Etats-Unis se sont réveillés sous le choc après l'explosion de deux bombes à quelques secondes d'intervalle, près de la ligne d'arrivée de la célèbre course, qui avait concentré en centre-ville des centaines de milliers de personnes.

Il "s'agit d'une enquête criminelle qui est potentiellement une enquête terroriste", a déclaré le responsable local de la police fédérale (FBI) à Boston, Rick Deslauriers.

"Nous allons découvrir qui a fait ça. Nous allons découvrir pourquoi ils ont fait ça", a insisté le président américain Barack Obama, dans une intervention à la Maison Blanche lundi soir.

Le président Obama s'est toutefois gardé de prononcer le mot terrorisme, mais un haut responsable à la Maison Blanche a évoqué, sous couvert de l'anonymat, une "action terroriste".

"N'importe quel événement avec plusieurs engins explosifs - comme il semble que ce soit le cas - est clairement un acte terroriste", a déclaré ce responsable. "Mais nous ne savons pas qui l'a commis, et une enquête exhaustive devra déterminer si cela a été préparé et commis par un groupe terroriste, étranger ou pas".

Des médias ont indiqué que la police avait fouillé dans la nuit de lundi à mardi un appartement situé à Revere, en banlieue nord-est de Boston. Les pompiers de cette localité ont précisé sur leur page Facebook avoir été appelés par la police pour fouiller l'appartement de "quelqu'un qui présente un intérêt".

Unanimement condamné dans le monde, l'attentat n'avait toujours pas été revendiqué mardi. Les talibans pakistanais, liés à l'attaque ratée à la voiture piégée de Times Square à New York en mai 2010, ont nié mardi toute implication.

Selon des médias américains, la police interrogeait un Saoudien de 20 ans présent sur le lieu des explosions, mais les autorités ont souligné qu'elles interrogeaient de nombreux témoins et que personne n'avait à ce stade été placé en garde à vue.

Plusieurs villes, dont New York, Washington et San Francisco, ont renforcé leurs mesures de sécurité.

"Nous renforçons la sécurité devant les hôtels et autres lieux connus dans la ville " a notamment déclaré le porte-parole de la police de New York, Paul Browne.

Quelque 23.000 coureurs participaient au marathon de Boston (42 km), l'un des plus prestigieux au monde, lundi, jour férié dans l'Etat du Massachusetts.

Les deux bombes ont explosé à 13 secondes d'intervalle et à 50 à 100 mètres de de la ligne d'arrivée de la course où s'étaient massées des dizaines de milliers de spectateurs. Le chef de la police de Boston, Ed Davis, a annoncé que trois personnes avaient été tuées.

Mais le bilan pourrait s'alourdir. Le gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick, a évoqué "plus de 100 blessés dont certains dans un état grave", tandis que le quotidien Boston Globe parlait de 140 blessés et indiquait qu'un garçon de huit ans figurait parmi les trois morts.

Des roulements à bille placés dans les bombes ont provoqué des blessures particulièrement atroces, ont indiqué la police et des médecins.

La première explosion a eu lieu à 14H50 (18H50 GMT) sur le bord de l'avenue empruntée par les coureurs au milieu d'une marée de drapeaux multicolores, soulevant une énorme nuage de poussière grise.

Les gens se sont mis à hurler, certains cherchant à fuir en grimpant sur les barrières. Des images de télévision ont montré un coureur s'écroulant.

"J'ai dû être touché par le souffle. Mes jambes étaient comme du coton", a expliqué ce marathonien de 78 ans, Bill Iffrig, avant de se relever et de raconter son histoire à de nombreux médias.

Les télévisions ont montré des images de sang sur les trottoirs jonchés de débris, des véhicules de secours et des brancards.

Le chef de la police a appelé la population à rester chez elle, tout comme le gouverneur du Massachusetts qui a également demandé aux Bostoniens de transmettre à la police toute information susceptible de faire avancer l'enquête, désormais dirigée par le FBI.

"Nous avons vu des gens dont les jambes ont été soufflées", a raconté à l'AFP Mark Hagopian, propriétaire de l'hôtel Mark, situé près de la ligne d'arrivée.

"L'un d'eux n'avait plus de jambes en dessous du genou, mais il était vivant", a-t-il ajouté. L'une des explosions était "énorme. On en a senti le souffle sur notre figure".

La police criait à la foule: "partez, partez, il pourrait y avoir d'autres bombes", a-t-il ajouté.

La plupart des victimes ont été blessées aux jambes, selon le Centre médical de Boston. Plusieurs ont dût être amputées.

Au moins dix enfants ont été hospitalisés.

Un autre témoin, Brian Walker, a raconté à CNN qu'une des explosions était tellement forte qu'il avait cru que sa tête "allait éclater": Il y avait beaucoup de poussière, de la fumée, du verre".

Un autre témoin, Zara Bielkus, 30 ans a parlé à l'AFP "de membres humains, de morceaux de corps".

L'attentat a été unanimement condamné à travers le monde.

Le président russe Vladimir Poutine a proposé mardi l'aide de la Russie dans l'enquête sur ce "crime barbare" tandis que le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, condamnait ces "actes épouvantables".

A Paris, le président François Hollande a exprimé sa "vive émotion" et la "totale solidarité de la France aux autorités et au peuple américains" tandis qu'à Rome le chef du gouvernement italien Mario Monti faisait part de ses "sentiments de fraternelle solidarité".

Le marathon de Boston est organisé dans la capitale du Massachusetts depuis 1897 et a traditionnellement lieu le troisième lundi d'avril.

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