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Attentats de Boston: les enquêteurs à la recherche du moindre indice

16/04/2013 10:34 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Les enquêteurs recherchaient mardi le moindre indice dans l'enquête massive lancée après le double attentat qui a endeuillé le célèbre marathon de Boston lundi, faisant trois morts et 176 blessés.

Examen des caméras de surveillance, des débris laissés par les deux bombes artisanales qui ont explosé à 12 secondes d'intervalle près de la ligne d'arrivée, interrogatoires de nombreuses personnes ayant vu ou cru voir quelque chose... les enquêteurs recherchaient tout azimut, en l'absence pour l'instant de la moindre revendication.

"Nous n'avons personne en garde à vue", a insisté lors d'une conférence de presse mardi le chef de la police Ed Davis.

Lors de cette conférence de presse, les autorités ont demandé aux Bostoniens de leur transmettre "toute photo ou vidéo" qui pourrait aider l'enquête.

"Nous avons déjà reçu de très nombreuses informations" a précisé Rick DesLauriers le responsable local de la police fédérale (FBI) à Boston, qui dirige désormais l'enquête.

"Nous étudions un grand nombre d'indices et de pistes", a-t-il ajouté, promettant une enquête "mondiale" si nécessaire.

Les enquêteurs se sont refusés mardi à donner le moindre détail sur le type de bombe qui a explosé, ou s'il s'agissait de terrorisme international ou intérieur. Lundi était la journée des "patriotes", un jour férié dans le Massachusetts.

Alors que Boston était placée mardi sous des mesures de sécurité renforcée, plusieurs rues toujours fermées en centre-ville autour du lieu des attentats, le gouverneur du Massachusetts Deval Patrick a tenu à préciser qu'aucune autre bombe n'avait été découverte dans la ville.

Aucune autre menace n'a été identifiée, a également insisté M. DesLauriers.

Selon le Boston Globe, la police a perquisitionné dans la nuit un appartement situé à Revere, en banlieue nord-est de Boston. Les pompiers ont participé à cette perquisition, précisant sur leur page Facebook qu'il s'agissait de l'appartement de "quelqu'un qui présente un intérêt".

Selon les médias, un Saoudien de 20 ans, qui se trouvait à proximité du lieu d'une des explosions, actuellement hospitalisé avec des brûlures, a été interrogé par la police. Mais celle-ci a insisté sur le fait qu'elle n'avait pour l'instant aucun suspect et interrogeait de nombreuses personnes.

Le chef de la police Ed Davis a évoqué mardi la "scène de crime la plus complexe" qu'il ait jamais connue.

Tous les journaux américains consacraient mardi leur une aux attentats, près de 12 ans après le 11-Septembre. "Le terrorisme est de retour" affirmait notamment USA Today. Le New York Times comparait à une "scène de guerre" le théâtre du carnage, près de la ligne d'arrivée de la célèbre course qui avait concentré en centre-ville des centaines de milliers de personnes pour ce qui est traditionnellement une grande fête populaire.

Les drapeaux étaient en berne mardi au Congrès américain, et dix minutes avant son ouverture, la bourse de New York a observé mardi une minute de silence en mémoire des victimes, auxquelles une messe devait être consacrée dans la journée à Boston.

"Nous allons découvrir qui a fait ça. Nous allons découvrir pourquoi ils ont fait ça", avait insisté lundi soir le président américain Barack Obama depuis la Maison Blanche.

Les éclats de bombe ont causé de graves blessures. Plusieurs personnes ont du être amputées.

Parmi les 176 blessés, 17 sont dans un état grave, a précisé mardi le chef de la police. Une dizaine d'enfants figurent parmi les blessés. Un des trois victimes est un petit garçon de 8 ans, Martin Richard. Sa petite soeur a perdu une jambe et sa mère a été elle aussi gravement blessée, selon les médias locaux.

Les talibans pakistanais, liés à l'attaque ratée à la voiture piégée de Times Square à New York en mai 2010, ont nié mardi toute implication.

Plusieurs villes, dont New York, Washington et San Francisco, ont renforcé leurs mesures de sécurité.

A New York notamment, les sacs étaient fouillés à la gare de Penn station, et sur Times square, la présence policière était visiblement renforcée.

Quelque 23.000 coureurs participaient au marathon de Boston (42 km), l'un des plus prestigieux au monde.

La première bombe a explosé à 14H50 (18H50 GMT) sur le bord de l'avenue empruntée par les coureurs au milieu d'une marée de drapeaux multicolores, soulevant une énorme nuage de poussière grise et provoquant la panique parmi milliers de spectateurs présents.

Les gens se sont mis à hurler, certains cherchant à fuir en grimpant sur les barrières, d'autres incapables de se relever dans une mare de sang.

Ce double attentat a été unanimement condamné à travers le monde.

A Paris, le président François Hollande a exprimé sa "vive émotion" et la "totale solidarité de la France aux autorités et au peuple américains" tandis qu'à Rome le chef du gouvernement italien Mario Monti faisait part de ses "sentiments de fraternelle solidarité".

Le président russe Vladimir Poutine a proposé l'aide de la Russie dans l'enquête sur ce "crime barbare" tandis que le président du Conseil européen, Herman van Rompuy, condamnait ces "actes épouvantables".

Le pape François a également déploré "une tragédie insensée" appelant les Bostoniens "à ne pas se laisser surmonter par le mal".

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