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Attentats de Boston: le FBI promet d'enquêter "jusqu'au bout du monde"

16/04/2013 02:18 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Le FBI a promis mardi d'enquêter "jusqu'au bout du monde" pour retrouver les auteurs du carnage du marathon de Boston, mais n'a pour l'instant trouvé ni suspect, ni motif pour ce double attentat qualifié d'acte terroriste "odieux et lâche" par le président Obama.

"Il s'agira d'une enquête mondiale. Nous irons jusqu'au bout du monde pour identifier l'auteur ou les auteurs de ce crime ignoble" a déclaré à Boston le responsable du FBI Rick DesLauriers, alors que le bilan s'est alourdi à trois morts et 176 blessés.

Les attentats de Boston sont les plus graves commis aux Etats-Unis depuis ceux du 11-Septembre en 2001, et s'exprimant depuis la Maison Blanche pour la deuxième fois en moins de 24 heures, le président Barack Obama a dénoncé un "acte terroriste (...) odieux et lâche", tout en précisant que les autorités ne savaient pas encore s'il s'agissait de terrorisme international ou intérieur.

"Nous ne savons pas encore (...) qui a commis cet attentat ou pourquoi, s'il a été planifié et exécuté par une organisation terroriste, étrangère ou américaine, ou si c'était l'acte d'un individu", a déclaré le président, ajoutant que les enquêteurs en ignoraient également le motif.

Les attentats n'avaient pas été revendiqués mardi.

Et la police a précisé qu'elle n'avait aucun suspect, au lendemain de l'explosion quasi-simultanée de deux bombes artisanales près de la ligne d'arrivée du célèbre marathon, qui ont provoqué panique et chaos en centre-ville, où étaient rassemblés des centaines de milliers de personnes pour ce qui est traditionnellement une grande fête populaire annuelle.

militants hostiles au gouvernement ou jihadistes ?

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Les attentats ont-ils été le fait de militants hostiles au gouvernement fédéral, pour lesquels le mois d'avril est un mois lourd de symboles ? De jihadistes islamistes ?

"Nous devons évidemment envisager que ce soit le jihad islamiste", a commenté mardi Peter King, Représentant de New York spécialiste des affaires de sécurité intérieure. "Mais cela peut aussi être des suprémacistes blancs. Cela peut être des gens opposés au gouvernement" fédéral, a-t-il ajouté.

Lundi était la journée des "patriotes", un jour férié dans le Massachusetts, Etat dont Boston est la capitale.

Le 15 avril est la date limite pour déclarer ses impôts, obligation haïe de ceux qui détestent le gouvernement fédéral.

Le 19 est la date anniversaire de la fin du siège de Waco (Texas, 76 morts en 1993), après intervention des forces de l'ordre. Et c'est aussi le 19 avril qu'avait eu lieu l'attentat d'Oklahoma City (168 morts) en 1995, perpétré par Timothy McVeigh, un sympathisant d'extrême-droite depuis exécuté, qui était hostile au gouvernement fédéral et qui voulait ainsi venger Waco.

Les enquêteurs n'ont donné aucun détail sur le type de bombe qui a explosé, mais selon NBC, citant des sources proches des enquêteurs, elles auraient été fabriquées dans des cocottes-minute, placées dans des sacs à dos et détonnées à distance.

A en croire les observations des médecins, des billes d'acier ou des clous y auraient été ajoutés pour multiplier leur impact.

Le travail qui attend les enquêteurs est colossal. Ils ont commencé à étudier le contenu de toutes les caméras de surveillance, de tous les débris laissés par les bombes qui ont explosé à 12 secondes d'intervalle. Et ils ont demandé aux Bostoniens de leur transmettre "toute photo ou vidéo" qui pourrait aider l'enquête.

"Nous avons déjà reçu de très nombreuses informations" a précisé M. DesLauriers."Nous étudions un grand nombre d'indices et de pistes", a-t-il ajouté.

Boston traumatisée, mais confortée par la générosité de multiples gestes d'entraide, est restée mardi sous des mesures de sécurité renforcée. Mais le gouverneur du Massachusetts Deval Patrick a précisé qu'aucune autre bombe n'avait été découverte dans la ville de 650.000 habitants. Aucune autre menace n'a été identifiée, a également insisté M. DesLauriers.

La police a perquisitionné dans la nuit l'appartement d'un étudiant saoudien de 20 ans, qui se trouvait à proximité du lieu d'une des explosions et a été interrogé par la police. Mais il a été mis hors de cause."Il s'agissait d'un témoin, pas d'un suspect", a précisé à l'AFP le porte-parole de l'ambassade d'Arabie Saoudite à Washington.

Les éclats de bombe et d'acier ont causé de graves blessures. Plusieurs personnes ont du être amputées.

Parmi les 176 blessés, 17 sont dans un état grave, a précisé le chef de la police. Une dizaine d'enfants figurent parmi les blessés.

Un des trois victimes est un petit garçon de 8 ans, Martin Richard qui était allé embrasser son père Bill sur la ligne d'arrivée quelques minutes plus tôt. Sa petite soeur et sa mère ont également été grièvement blessées.

Plusieurs villes, dont New York, Washington et San Francisco, ont renforcé leurs mesures de sécurité.

Quelque 23.000 coureurs participaient lundi au marathon de Boston, l'un des plus prestigieux au monde.

Les deux bombes ont explosé à 14H50 (18H50 GMT) sur le bord de l'avenue empruntée par les coureurs, soulevant une énorme nuage de poussière grise et provoquant la panique dans la foule.

Ce double attentat a été vivement condamné à travers le monde.

bur-bd/jca

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