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RDC: la brigade d'intervention aura un rôle dissuasif (ministre rwandaise)

15/04/2013 02:37 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

La brigade d'intervention que l'ONU va déployer dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) pourra avoir un rôle de "dissuasion", mais le plus important est le processus politique, a déclaré lundi la ministre rwandaise des Affaires étrangères.

"Nous ne pensons pas qu'une action militaire soit la solution aux problèmes dans l'est de la RDC, donc nous considérons cette brigade comme pouvant être un moyen de dissuasion, une présence nécessaire", a expliqué à la presse Louise Mushikiwabo: "Mais elle doit être complétée par d'autres aspects, et en premier lieu sur le volet politique du conflit".

La ministre venait de présider une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la prévention des conflits en Afrique.

Le Conseil a décidé fin mars de créer dans le cadre de sa Mission en RDC (Monusco) une brigade d'intervention chargée de lutter contre les groupes armés dans l'est, en tête desquels le Mouvement du 23 mars (M23). L'ONU et Kinshasa accusent le Rwanda de soutenir militairement le M23, ce que Kigali dément.

Selon le Premier ministre de la RDC, Augustin Matata Ponyo, cette brigade "pourra imposer la paix". De son côté, le M23 a affirmé qu'il s'accordait "le droit de riposter" en cas d'attaque de la brigade.

Mme Mushikiwabo a renouvelé aussi devant les journalistes les critiques de Kigali contre la Cour pénale internationale (CPI), qui selon elle "pratique davantage la politique que la justice". "L'époque où l'Afrique était montrée du doigt par l'Occident est révolue", a-t-elle affirmé.

Dans son discours devant le Conseil, elle a soutenu dans son principe l'idée d'une justice internationale. Mais, a-t-elle précisé, le Rwanda "ne peut pas soutenir une Cour pénale internationale qui condamne certains crimes mais pas d'autres", accusant la Cour "d'être l'objet de manipulations politiques".

Les 15 pays membres du Conseil a adopté à l'unanimité une déclaration très générale sur la prévention des conflits en Afrique qui ne mentionne pas la CPI, malgré l'insistance de plusieurs pays membres. Selon des diplomates, les sept pays du Conseil qui sont aussi parties à la CPI (Argentine, Australie, Royaume-Uni, France, Guatemala, Luxembourg) souhaitaient rendre hommage à l'action de la Cour mais le Rwanda, qui préside le Conseil en avril, s'y est opposé.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a salué dans son discours le "rôle essentiel de la CPI et d'autres tribunaux régionaux pour mettre fin à l'impunité" tandis que son homologue français Gérard Araud "regrettait l'absence de référence à la CPI dans la déclaration".

avz/mdm

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