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Les tatouages chez les survivants du cancer sont en vogue

15/04/2013 04:30 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

TORONTO - La photo devenue virale de la poitrine tatouée d'une femme qui cherchait à dissimuler les cicatrices de sa mastectomie témoigne d'un phénomène grandissant chez les survivants du cancer.

Ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des tatoueurs — et non plus seulement du côté des chirurgiens esthétiques — afin de conserver un souvenir de leur combat contre le cancer.

Cassandra Graham a subi une mastectomie simple après des traitements pour un cancer du sein en 2009. Et même si elle a opté pour une chirurgie de reconstruction mammaire, une procédure qui consiste à déplacer des tissus de l'abdomen afin de créer un nouveau sein, elle n'était pas chaude à l'idée d'une reconstruction du mamelon.

«J'ai peut-être consulté des milliers de photos de reconstruction du mamelon sur Internet, et malgré la qualité du travail, ce n'est jamais la même chose que l'autre, parce que ce n'est plus naturel», raconte la femme de 38 ans depuis son domicile de London, en Ontario. «Alors, je me suis dit que je ne le ferais tout simplement pas. Et puisque je connais quelques tatoueurs, je me suis dit que j'allais me faire tatouer» le mamelon.

Cassandra Graham a conçu son tatouage en combinant diverses images glanées sur Internet, incluant des petits coeurs, un ruban rose et de petites étoiles. Mais le motif central du dessin est une clé de sol.

«Je ne chante pas (...) Je ne suis pas une musicienne mais j'aime beaucoup la musique, et c'est l'une des choses qui m'ont permis de garder le moral lorsque j'étais seule», raconte-t-elle.

La mère de deux adolescents a 16 autres tatouages, dont un ruban rose à l'arrière du cou, un hommage à sa marraine morte d'un cancer du sein.

Celui qui orne son sein reconstruit est on ne peut plus féminin, décrit-elle.

Peter Laneas, lui, y est allé d'un dessin plus «viril». Le tatouage de l'acteur torontois rappelle qu'il est sorti gagnant de ses deux luttes contre le cancer testiculaire. Il a reçu son premier diagnostic en 2002, alors qu'il était âgé de 26 ans, et un second au début 2006, à l'âge de 29 ans.

Il a spontanément décidé de se faire tatouer le bras droit le jour de son 35e anniversaire, alors qu'il se trouvait dans une boutique de tatouage en compagnie de son frère. «C'était une décision impulsive, et la tatoueuse était exceptionnelle. Je ne savais pas exactement ce que je voulais, alors mon frère m'a aidé à l'imaginer.»

Le tatouage est en grec, pour rappeler ses origines helléniques, et proclame: «Zéro pour le cancer, et deux pour moi».

Peter Laneas fait partie des nombreux survivants du cancer qui ont publié leur photo sur une page Facebook appelée «Why We Ink».

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