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Les conservateurs lancent leurs premières publicités négatives contre Trudeau

15/04/2013 11:12 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - On l'attendait rapidement, elle est arrivée en quelques heures: la campagne de publicités négatives s'attaquant à Justin Trudeau a été lancée par les conservateurs lundi matin avec comme thème «Il n'est pas à la hauteur».

Le Parti conservateur du Canada (PCC) a mis en ligne un site Internet destiné à discréditer le chef libéral fraîchement élu dimanche soir par les militants et sympathisants de son parti.

On profite également de l'occasion pour récolter des fonds, puisqu'on demande à l'internaute de donner 15 $ ou 20 $ afin que «plus de Canadiens puissent voir (les) annonces».

Sur ce site que l'on retrouve en version française et anglaise, on peut y visionner une vidéo de type amateur où l'on voit M. Trudeau retirant sa chemise sur un podium lors de ce qui semble être un encan. Il s'agissait en fait d'un événement bénéfice pour la Fondation canadienne du foie au cours duquel M. Trudeau avait amassé un montant légèrement inférieur à 2000 $.

Le site de nouvelles Huffington Post Canada a indiqué qu'il s'agissait d'images lui appartenant qui ont été prises par les conservateurs sans son autorisation.

Une voix hors champ s'en prend au nouveau leader du Parti libéral du Canada (PLC). «Justin Trudeau. Il est l'héritier d'un nom connu. Mais a-t-il le jugement pour être premier ministre?», demande la voix masculine.

On critique alors des propos tenus sur le Québec l'an dernier sur les ondes de Radio-Canada, où M. Trudeau avait déclaré que si, un jour, il ne se reconnaissait plus dans le Canada de droite de Stephen Harper, il pourrait envisager la souveraineté du Québec.

Dans la publicité conservatrice, on a escamoté le contexte et on n'a conservé que les mots «peut-être que je songerais à vouloir faire du Québec un pays».

On lui reproche également sa condamnation de l'utilisation du mot «barbare» pour qualifier les crimes d'honneur.

Dans la version anglaise, on retrouve par ailleurs un extrait d'une entrevue remontant à 1999. «Les Québécois sont meilleurs que le reste du Canada parce que... vous savez... nous sommes Québécois et tout ça», dit un jeune Justin Trudeau. Dans cette entrevue, il faisait référence à la philosophie de son père à l'égard des indépendantistes, mais cette section là aussi a été coupée au montage.

S'il s'attendait à une attaque, M. Trudeau a admis trouver douteux le choix d'images prises lors d'un événement caritatif comme trame de fond pour cette publicité.

«L'idée qu'ils sont en train d'attaquer quelqu'un qui fait un geste pour aller chercher des fonds pour la charité, je trouve que c'est peut-être quelque chose qui a manqué un peu de jugement de leur part», a-t-il soutenu en point de presse après sa toute première période de question à titre de chef libéral.

Selon lui, ce genre de tactique se retournera contre les conservateurs.

«Ce que j'ai vu, d'un bout de pays à l'autre, pendant toute cette campagne, c'est que les Canadiens sont fatigués des attaques, de la négativité, du cynisme», a-t-il avancé.

Il envisage de riposter en lançant éventuellement lui-même une série de publicités, mais il promet de ne pas verser dans les attaques personnelles. Par ailleurs, il ne s'attend pas à ce que ce type de publicité cesse. «J'ai eu un micro devant moi depuis l'âge de quatre ou cinq ans. Il y a une quantité terrible de choses qu'ils vont essayer et ramener et diffuser. Et ce que j'ai entendu à travers le pays, c'est que les Canadiens sont fatigués de l'intimidation.»

M. Trudeau n'est pas le premier à goûter à ce genre de salve. Les conservateurs avaient utilisé de telles publicités négatives contre les anciens chef Stéphane Dion et Michael Ignatieff pour forger auprès de l'électorat une perception négative de leur adversaire politique.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, qui n'a pas été victime d'attaque aussi directe après avoir gagné l'investiture de son parti, a semblé suggérer qu'il était peut-être une cible moins facile que M. Trudeau.

«S'il y a une chose qui n'inquiète pas mon équipe, c'est de me voir me mettre dans un truc où je m'enlève les vêtements», a-t-il ironisé, ajoutant par ailleurs qu'il avait 35 ans d'expérience comme administrateur public.

M. Trudeau a profité de sa première participation à la période de question à titre de chef du PLC pour s'en prendre à la hausse des tarifs d'importations, qu'il a comparé à une nouvelle taxe «insensée». M. Harper a répliqué qu'il serait inapproprié d'accorder des exonérations d'impôts pour les pays émergents, tels que la Chine.

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