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Le président tunisien lance un dialogue national

15/04/2013 03:52 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

Le président tunisien Moncef Marzouki a souligné lundi la nécessité d'achever la rédaction de la future Constitution et mis en garde contre le "danger" de l'instabilité, en lançant un "dialogue national" entre le pouvoir et l'opposition.

"Il faut finaliser rapidement la nouvelle Constitution et les lois organisant les élections législatives et présidentielle car la longueur de la période transitoire représente un grand danger pour la stabilité du pays", a-t-il dit à l'ouverture de discussions centrées sur la loi fondamentale.

La réunion, rassemblant des chefs de partis au pouvoir et de l'opposition, ainsi que le chef du gouvernement, l'islamiste Ali Larayedh, vise à dégager un consensus sur la manière de résoudre les désaccords retardant l'adoption de la Constitution, dont dépend l'organisation des élections.

Les désaccords portent notamment sur la nature du régime politique, le parti islamiste au pouvoir Ennahda défendant un régime parlementaire, ses alliés de centre-gauche au pouvoir et l'opposition étant favorables à un régime aménagé donnant de larges prérogatives au président.

M. Marzouki s'est alarmé du "climat de tension instauré à coups de rumeurs, de mensonges et de provocations et qui ne peut qu'engendrer la violence", dans son allocution diffusée par la présidence.

Selon lui, pour être fructueux, "le dialogue national" doit inclure l'ensemble de la classe politique et de la société civile, et ne pas se limiter aux seuls parti Ennahda et ses deux alliés de centre-gauche au pouvoir, Ettakatol et le Congrès pour la République.

Le parti Al-Massar (centre-gauche) et le Front populaire (extrême-gauche) ont boycotté la première réunion du dialogue, affirmant n'avoir pas été consultés par avance sur l'ordre du jour.

La vie politique tunisienne est paralysée depuis des mois par l'incapacité des partis au pouvoir à se mettre d'accord sur la nouvelle loi fondamentale, plus de deux ans après la révolution qui a renversé le régime de Ben Ali.

Al-Massar mobilise au sein de l'Assemblée nationale constituante pour déposer une motion de défiance contre M. Marzouki notamment en raison d'une polémique autour de sa position jugée favorable au Qatar.

kl/Bsh/cco

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