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Le conseil national électoral du Venezuela confirme la victoire de Maduro

15/04/2013 06:54 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Le conseil électoral du Venezuela, favorable au gouvernement, a rapidement confirmé la difficile victoire du candidat choisi par Hugo Chavez à l'élection présidentielle de dimanche, ignorant, semble-t-il, les demandes de dépouillement judiciaire de la part de l'opposition pendant que des manifestations anti-gouvernementales éclataient dans ce pays hautement polarisé.

Des gens étaient debout sur leurs balcons d'édifices à logements de Caracas et dirigeaient un concert de casseroles en guise de protestation, au moment où le Conseil national électoral proclamait Nicolas Maduro président du pays pour les six prochaines années.

Dans un autre secteur de la capitale, des milliers d'étudiants ont été impliqués dans des affrontements avec les troupes de la Garde nationale vêtues de tenues anti-émeute, qui ont lancé des bombes lacrymogènes et tiré des balles de plastique dans le but de repousser les manifestants. Des étudiants ont lancé des pierres et des morceaux de béton.

Pour le reste, l'atmosphère était relativement paisible dans la ville, bien que des manifestations aient été rapportées dans certaines villes de province. On n'a rapporté aucune blessure.

Nicolas Maduro a été élu à la présidence après avoir récolté 50,8 pour cent des suffrages exprimés comparativement à 49 pour cent pour son rival, Henrique Capriles. M. Maduro l'a emporté par seulement 262 000 votes parmi les quelque 14,9 millions exprimés.

Assermenté à titre de président par intérim à la suite du décès de M. Chavez, le 5 mars, M. Maduro a laissé filer une avance d'au moins dix points dans les sondages en deux semaines, alors que M. Capriles mettait en relief ce qu'il a appelé «l'abyssale gestion» de Chavez en matière d'économie et d'infrastructures. M. Capriles a notamment insisté sur les pénuries de nourriture et de médicaments, les pannes d'électricité chroniques et la profusion d'actes criminels.

En comparaison, M. Chavez avait vaincu M. Capriles par près de 11 points lors du scrutin d'octobre 2012.

Jusqu'au moment où tous les votes auront été comptabilisés, le Venezuela a un «président illégitime, ce que nous dénonçons dans le monde entier», a écrit M. Capriles sur son compte Twitter lundi.

Au moins l'un des cinq membres du conseil, Vicente Diaz, un indépendant, a également suggéré un dépouillement judiciaire complet, tout comme les États-Unis et l'Organisation des États américains.

Mais en dévoilant les résultats, dimanche soir, la présidente du conseil, Tibisay Lucena, a fait savoir que le verdict était irréversible. Et lors de la cérémonie de proclamation lundi, elle a déclaré que le Venezuela était un «champion de la démocratie» et défendu le système de votation électronique.

M. Capriles, un gouverneur d'État âgé de 40 ans, a demandé lundi que la proclamation soit suspendue. Il a proposé la manifestation à la casserole et invité ses partisans à se réunir nombreux à l'extérieur des locaux du Conseil électoral, mardi.

Il a également affirmé que des membres des forces armées — «un important groupe dans plusieurs villes» — avaient été détenus pour avoir essayé de garantir une élection libre et juste.

Selon M. Capriles, un décompte de la part de son organisation de campagne a produit «un résultat différent», et celle-ci aurait reçu jusqu'à 3200 plaintes d'irrégularités — toutes de la part des forces favorables au gouvernement. Il a demandé que chaque bulletin de vote soit recompté.

Jorge Rodriguez, le gérant de campagne de Nicolas Maduro, a qualifié les actions de M. Capriles de «tentative de coup d'État».

«Il demande un coup d'État contre la démocratie vénézuélienne», a déclaré M. Rodriguez à la télévision d'État.

M. Maduro sera officiellement assermenté vendredi.

Lors de son discours de victoire dimanche, M. Maduro a dit qu'il n'avait aucun problème à l'idée de procéder à un dépouillement judiciaire.

«Que l'on ouvre 100 pour cent des urnes, a-t-il lancé. Nous allons le faire; nous n'avons pas peur.»

Toutefois, M. Maduro n'approuvait pas un recomptage manuel des bulletins de vote.

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