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Factures impayées dans les services de garde : les écoles serrent la vis

15/04/2013 11:36 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT
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Des écoles durcissent leurs procédures pour récupérer les montants impayés dans leurs services de gardes. Après quelques avis écrits, ils peuvent se voir refuser le service ou faire face à une agence de recouvrement.

Le service de garde offert aux parents en dehors des heures de classes ou lors des journées pédagogiques est payant. Mais beaucoup de parents n'acquittent pas leur facture, pour différentes raisons qui vont de la simple négligence à la pauvreté.

La facture des comptes en souffrance atteint 1,2 million $, rien qu'à la Commission scolaire de Montréal.

Trois avis

Désormais, selon une recommandation de la CSDM du mois de mars, dès le 10e jour de retard de paiement, le parent sera averti qu'il doit payer. Il devra prendre contact avec l'école pour s'expliquer ou trouver une entente. L'idée, c'est de « l'accompagner » dès le départ.

Changement d'orientation

C'est un changement d'orientation, selon l'Association montréalaise des directions d'établissements scolaires (AMDES).

« Il y avait une souplesse, une attitude plus conciliante il y a deux ou trois ans », explique Gaëtan Neault, président de l'association. Les directions d'école étaient partagées entre la tolérance et la fermeté.

Selon Gaëtan Neault, des parents sont capables de payer, mais ne le font pas en voyant d'autres parents bénéficier d'une certaine tolérance. « Les gens se comparent, les écoles aussi. Donc il faut que les règles soient claires, connues et surtout appliquées. C'est une question d'équité à l'égard de chaque parent. »

Des déficits qui se répercutent sur tous les éléves

Beaucoup d'écoles ont fait des déficits au cours des deux dernières années, à cause des mauvaises créances dans leurs services de garde.

Or, le budget du service de garde est lié au budget de l'école. Les services scolaires à l'élève risquent d'être directement touchés: des achats d'équipements retardés, des économies dans le personnel de soutien, comme les surveillantes de dîner ou les éducateurs spécialisés.

Des exceptions

La question de la sécurité de l'enfant se pose, car le parent ne peut pas le confier à n'importe qui ni le laisser seul à la maison.

C'est pourquoi les directions d'école vont continuer à exercer leur jugement et accorder des exceptions. « Mais il faut que les exceptions demeurent des exceptions », ajoute Gaëtan Neault, de l'AMDES.

« S'il y a un arrêt de service, ce sera avec beaucoup de discernement, assure le président de la CSDM Daniel Duranleau. C'est un moyen ultime et notre souhait n'est pas d'en arriver là. Et il y a un critère sur lequel les consignes sont très nettes: jamais la sécurité d'un enfant ne serait mise en danger. »

Un texte de Myriam Fimbry.