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Démission Fayyad: un chef du Fatah appelle à avancer vers la réconciliation

15/04/2013 08:05 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

Un dirigeant du mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, le Fatah, a appelé lundi à tirer parti de la démission du Premier ministre Salam Fayyad pour faire avancer la réconciliation avec le Hamas rival.

Le coordinateur de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a par ailleurs prévenu lundi, lors d'une rencontre avec le Premier ministre palestinien démissionnaire, que les acquis de la gestion de M. Fayyad et M. Abbas étaient "maintenant en grave danger, en l'absence d'un horizon politique crédible".

"Maintenant que la Commission électorale centrale (CEC) a terminé la mise à jour des listes électorales, le président est dans l'obligation de tenir des consultations avec les mouvements palestiniens pour former un gouvernement d'union nationale et fixer une date pour les élections, en vertu de l'accord de Doha", a affirmé Azzam al-Ahmad à la radio officielle Voix de la Palestine.

"La coïncidence entre cette obligation et la démission (de M. Fayyad samedi, NDLR) devrait favoriser les consultations sur la formation d'un gouvernement d'union nationale", a estimé M. Ahmad, responsable au Fatah du dossier de la réconciliation avec le Hamas, faisant écho aux déclarations de responsables d'autres mouvements palestiniens.

"En vertu de la Loi fondamentale, le président dispose de deux semaines pour choisir la personne chargée de former le nouveau gouvernement", dans un délai de cinq semaines, a-t-il précisé, indiquant que Mahmoud Abbas, en voyage au Koweït, n'avait "pris aucune décision en la matière et le ferait à son retour".

Dès l'annonce de la démission de M. Fayyad samedi soir, le Hamas a affirmé que celle-ci n'était "pas liée au dossier de la réconciliation palestinienne", réitérant que cette réconciliation "dépendait de la volonté du Fatah d'appliquer les accords intégralement et non pas sélectivement".

Le coordinateur de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient a rencontré lundi M. Fayyad, auquel il a rendu hommage en tant que "partenaire de valeur pour la communauté internationale, y compris les Nations unies", selon un communiqué de ses services.

"Les Nations unies reconnaissent que le Premier ministre Fayyad a dû affronter des circonstances qui n'ont cessé d'entraver le succès du programme d'édification d'un Etat qu'il a mené conjointement avec le président Abbas et qui est maintenant en grave danger, en l'absence d'un horizon politique crédible", a indiqué M. Serry.

La CEC a annoncé vendredi être "prête à organiser les élections quand la présidence en fixera la date", après avoir enregistré 1,86 million d'électeurs, étape clé de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, qui gouvernent respectivement les zones autonomes de Cisjordanie et la bande de Gaza.

Les accords de réconciliation palestinienne signés au Caire (avril/mai 2011) et à Doha (février 2012), restés pour l'essentiel inappliqués, prévoient que les gouvernements rivaux de M. Fayyad et du Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, cèdent la place à un exécutif transitoire non partisan chargé d'organiser des élections.

bur-sst/feb

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