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Des Canadiens ont vu de près les explosions à la ligne d'arrivée du marathon

15/04/2013 07:25 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

BOSTON - Les participants et spectateurs canadiens qui ont été témoins des deux explosions mortelles à la ligne d'arrivée du marathon de Boston, lundi, ont envahi les médias sociaux pour décrire le choc qu'ils ressentaient et assurer les êtres chers qu'ils étaient sains et saufs.

Au moins trois personnes ont été tuées et plus de 130 autres ont été blessées alors que la zone immédiate de la ligne d'arrivée était imprégnée de sang, jonchée de morceaux de vitres et enveloppée par de la fumée. Les explosions ont retenti quelque deux heures après l'arrivée des premiers participants.

Plus de 2000 Canadiens étaient inscrits à la célèbre épreuve de 42 kilomètres, et pour certains d'entre eux, quelques secondes ou minutes ont semblé faire toute la différence entre la vie et la mort.

Mathieu Grondin, un père de trois enfants de Bromont qui en était à un troisième marathon consécutif à Boston, venait de prendre sa douche à l'hôtel, à 500 mètres des lieux du drame, après la course lorsque les explosions sont survenues.

«Si j'avais pris une douche plus rapide, on se serait retrouvé exactement où ça a sauté, quand ça a sauté. On s'en allait à la boutique Marathon Sports, dont j'ai vu que la vitrine avait explosé. Quinze minutes plus tôt, on aurait été là», a l'homme de 39 ans, qui a négocié le parcours en 2 h 45.

N'ayant pas entendu les déflagrations, M. Grondin, qui était accompagné de sa conjointe, n'avait aucune idée de ce qui venait de se produire lorsqu'il est sorti de l'hôtel.

«On ne comprenait pas ce qui se passait parce qu'on n'avait évidemment rien entendu ou su. On croisait plein d'ambulances et de gens qui pleuraient en allant en direction contraire de l'arrivée. J'avais un téléphone intelligent, mais les réseaux étaient peut-être surchargés, et il était impossible de savoir avec les téléphones ce qui se passait. Il y avait des policiers et des ambulances partout. Des gens nous ont expliqué qu'ils avaient entendu des explosions», a-t-il relaté.

Paul Cloutier, un Torontois venu encourager sa fille, s'était rendu dans une boutique avant que sa course ne prenne fin pour lui donner en cadeau un chandail identifié à l'événement.

«Je voulais lui en acheter un mais j'ai trouvé que le prix était trop élevé, et j'ai donc décidé de m'asseoir et boire un café. C'est exactement là où elle (la bombe) a sauté, dans la boutique.»

Selon M. Cloutier, le son de la déflagration ressemblait à celui de l'explosion d'un grand transformateur. Elle a fait trembler le sol et rempli le secteur de fumée, a-t-il décrit. Puis est survenue une seconde déflagration.

Sa fille Kiki, âgée de 25 ans, avait terminé sa course quelques minutes avant la première explosion. Elle était toujours assise au sol, derrière la ligne d'arrivée, et enfilait son chandail lorsqu'elle a entendu le boum, senti le sol trembler et vu un écran de fumée monter rapidement vers le ciel.

«Un policier m'a demandé de me lever parce que des gens commençaient à courir dans ma direction», a-t-elle raconté de son téléphone après la course.

«C'est plutôt épeurant, surtout quand on est Canadien. Je n'ai jamais vécu quelque chose du genre. C'est effrayant d'être vulnérable à ce point.»

D'autres Canadiens se trouvaient un peu plus loin de l'épicentre des explosions, mais ils en ont néanmoins ressenti l'impact.

«À Boston, quand c'est le temps du marathon, c'est une atmosphère de fête incroyable partout. À la suite de l'explosion, l'atmosphère a changé du tout au tout. Ce n'est pas la panique parmi les gens présents, mais ce n'est pas loin», a notamment décrit Nathalie Boivin, une résidante de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, qui venait de finir sa course, 20 minutes avant les explosions.

Jennifer Mork, de Calgary, regardait son mari confirmer son chrono aux quartiers généraux du marathon, à la Plaza Fairmont Copley — à un coin de rue de la ligne d'arrivée — lorsqu'elle a entendu deux explosions en rapide succession.

«Le son ressemblait à celui d'un canon», a comparé Mme Mork en entrevue à La Presse Canadienne, de l'hôtel barricadé.

«Tout le monde disait: 'Qu'est-ce que c'est? Ce n'est pas normal'».

Selon la femme de 33 ans, une imposante tente médicale a rapidement été transformée en hôpital de fortune.

Laura McLean, une participante de Toronto, se trouvait dans l'une des tentes médicales et recevait des traitements pour déshydratation lorsqu'elle a été sortie de la tente pour faire place à des victimes de l'explosion. Elle a confié avoir vu des gens «vraiment, vraiment ensanglantés».

Pour ceux qui n'ont pas été blessés, retracer les êtres chers était devenu la priorité la plus urgente.

Guy Doucette, un résidant d'Ottawa, attendait que sa femme franchisse la ligne d'arrivée lorsqu'il a entendu la première explosion et vu un nuage de fumée blanche, avant d'être secoué par une seconde déflagration quelques secondes plus tard.

«Les gens ont commencé à courir dans la direction opposée, et je les ai suivis», a-t-il raconté.

«Ma plus grande préoccupation était de savoir si ma femme était correcte... Le dernier coureur a dit à ma femme qu'elle avait terminé 38 secondes après l'explosion des bombes.»

Plusieurs ont fait appel à Twitter pour assurer les êtres chers qu'ils étaient sains et saufs.

«C'est chaotique ici en ce moment. Terribles, terribles événements», a écrit Rob Watson, un Ontarien de London, sur Twitter.

La tragédie a aussi fait réagir le premier ministre Stephen Harper.

«J'ai été renversé d'entendre les nouvelles au sujet des explosions survenues aujourd'hui durant le marathon de Boston. C'est un jour très triste lorsqu'un événement aussi inspirant que le marathon de Boston est assombri par un tel acte de violence insensé. Nos pensées et nos prières sont avec les personnes blessées ou touchées par cet horrible incident. Nous sommes aux côtés de nos voisins américains en cette période difficile.»

Le ministère des Affaires étrangères du Canada a instauré une ligne d'urgence, au 1-800-387-3124, et une adresse de courriel, sos@international.gc.ca pour répondre aux requêtes de renseignements.

Également, ci-dessous, la couverture par nos collègues américains (en anglais seulement).

AVERTISSEMENT: LES PHOTOS CI-DESSOUS PEUVENT CHOQUER CERTAINES PERSONNES.

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