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Bahreïn: nouveaux heurts lors de protestations contre le GP de F1

15/04/2013 02:33 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

De nouveaux heurts ont opposé lundi après-midi, dans les villages chiites de la ceinture de Manama, des policiers à des manifestants mobilisés contre la tenue prochaine du Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn, selon des témoins.

Les protestataires criaient "Non, non à la Formule 1", ont rapporté des témoins.

Certaines routes ont été obstruées par des pneus en flammes. Les policiers ont tiré des bombes assourdissantes et fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui répondaient à un appel du Collectif du 14 février, regroupant des jeunes militants chiites radicaux, selon la même source.

Des heurts avaient déjà opposé dans la nuit des manifestants et policiers.

Une voiture a par ailleurs été incendiée dimanche soir dans le centre de Manama. "Des groupes terroristes ont mis le feu tard dimanche à une voiture à l'aide d'une bonbonne de gaz, provoquant une explosion qui n'a pas fait (d'autres) dégâts", a annoncé la police de Bahreïn dans un communiqué.

Un responsable gouvernemental, cité par l'agence officielle Bna, a affirmé que l'incident était destiné à "attirer l'attention des médias" avant l'épreuve de Formule 1, qui se tient du 19 au 21 avril sur le circuit de Sakhir, au sud de Manama.

Le Collectif du 14 février a revendiqué l'incident sur son compte Twitter, expliquant avoir cherché à "perturber l'activité dans le centre financier de Manama pour proclamer son refus de la tenue de la course".

Le principal groupe de l'opposition chiite, Al-Wefaq, a condamné l'incident, "quelle que soit la partie qui en est responsable".

Le Wefaq a réaffirmé son "attachement à l'action pacifique comme un choix stratégique", et demandé que l'enquête sur l'incident soit menée par une commission "indépendante".

L'opposition organise depuis vendredi des mouvements quotidiens de protestation jusqu'à la tenue du Grand Prix. Dans le village chiite de Dia, une manifestation pacifique a ainsi eu lieu en fin de journée.

Les autorités ont affirmé dimanche qu'elles prenaient les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de la course, malgré le mouvement de protestation.

Depuis le début du mois, les forces de sécurité ont procédé à 98 arrestations durant les manifestations, dont la répression a fait 29 blessés parmi les protestataires, selon le Wefaq.

Mais le grand patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone, a affirmé qu'il ne s'inquiétait pas outre mesure pour le succès de la compétition. "Oui, je ne vois pas pourquoi ce Grand Prix ne sera pas" un succès, a-t-il déclaré à l'AFP en marge du Grand Prix de Chine qui s'est déroulé dimanche à Shanghai.

Bahreïn, petit royaume du Golfe, est le théâtre de troubles récurrents depuis février 2011 en raison d'un mouvement de contestation animé par les chiites, majoritaires dans la population, contre la dynastie sunnite des Al-Khalifa au pouvoir.

Le Grand Prix avait été annulé en 2011 en raison de cette instabilité politique. Lors de l'édition 2012, l'opposition chiite avait organisé des manifestations, parfois violentes, pour attirer l'attention sur ses demandes de réformes politiques, mais sans entraver le déroulement de la course.

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