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Ashley Smith s'est privée d'oxygène parce qu'elle aimait la sensation

15/04/2013 03:31 EDT | Actualisé 15/06/2013 05:12 EDT

TORONTO - Ashley Smith aimait s'étrangler pour tromper l'ennui et parce que la sensation lui plaisait, selon le témoignage entendu lundi à l'enquête sur la mort en détention de la jeune femme du Nouveau-Brunswick.

Dans son témoignage, la psychologue Cindy Presse a expliqué aux jurés que l'auto-strangulation pouvait être une façon de se procurer soi-même du plaisir de nature sexuelle.

Ashley Smith lui avait toutefois rapidement précisé qu'elle ne posait pas ce geste pour cette raison, mais plutôt parce que cela lui permettait de se sentir bien.

La jeune Néo-Brunswickoise a passé la majeure partie de la dernière année de sa vie en isolement. Elle avait été transférée 17 fois entre neuf prisons de cinq provinces avant de s'asphyxier à mort, en octobre 2007, dans sa cellule du Centre de détention de Kitchener, en Ontario, à l'âge de 19 ans.

Cindy Press a soigné la jeune femme, qui était alors âgée de 18 ans, lorsqu'elle a été transférée au Centre psychiatrique régional de Saskatoon le 20 décembre 2006. La psychologue a expliqué qu'elle avait permis à Ashley Smith d'appeler à la maison et lui avait fourni des magazines à son arrivée.

En l'espace de quelques heures, l'adolescente a commencé à adopter un comportement perturbant, semblable à celui qui avait embêté le personnel des établissements où elle avait séjourné auparavant. Elle a utilisé des pages de magazines pour bloquer la caméra de surveillance et les fenêtres de sa cellule. Elle a aussi démonté la tête du gicleur d'incendie.

La psychologue a profité de son témoignage pour établir une distinction très nette entre des comportements suicidaires et des comportements «parasuicidaires» ou de l'automutilation.

Règle générale, les personnes qui présentent des comportements «parasuicidaires» ne cherchent pas à mettre fin à leurs jours, a expliqué Cindy Press. Elles doivent néanmoins faire l'objet d'une supervision constante pour éviter qu'elles ne dépassent les limites en tentant d'accroître l'intensité des sensations fortes qu'elles recherchent.

«Il faut s'assurer de la sécurité des patients, mais en évitant d'en faire toute une commotion», a-t-elle plaidé.

Ashley Smith n'aimait pas sa cellule d'isolement au Centre psychiatrique régional de Saskatoon. On lui retirait tout stimuli extérieur — comme une radio — lorsqu'elle se comportait mal.

Cindy Press a reconnu que cette sanction était peu logique étant donné que l'ennui amenait la patiente à poser des gestes dérangeants.

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