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Syrie: régime et rebelles s'accusent d'avoir endommagé une mosquée du VIIè s

14/04/2013 10:00 EDT | Actualisé 14/06/2013 05:12 EDT

Régime et rebelles syriens se sont accusés mutuellement dimanche d'avoir détruit le minaret d'une mosquée remontant aux premières heures de l'islam à Deraa, berceau de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, dans le sud du pays.

Une vidéo publiée par des militants sur YouTube montre le minaret carré en pierre noire de la mosquée Omari s'effondrer après ce qui semble être des bombardements et s'écraser dans les gravats et la poussière.

Ce lieu de culte, qui date du VIIe siècle, avait déjà été bombardé les jours précédents, selon d'autres vidéos.

"Ce régime d'une barbarie sans limite a visé avec des chars le minaret de la mosquée Omari, un lieu fort en symbole de la civilisation, la spiritualité et l'humanité", ont dénoncé dans un communiqué les opposants regroupés au sein du Conseil national syrien (CNS).

"Le minaret, détruit par les soldats du tyran, appartient à la première mosquée du Levant construite par Omar Ibn al-Khattab", ajoute le Conseil.

La mosquée Omari, située dans le centre de Deraa, a été le point de départ mi-mars 2011 des premières manifestations géantes contre le régime, en réaction à des tortures infligées par les services de sécurité à des enfants qui avaient écrit un slogan contre le président Bachar al-Assad sur un mur.

"C'est là que la révolution a pris naissance. Les premières vagues de manifestations pour la fierté et la dignité sont sorties de ses portes. Les premiers martyrs sont tombés sur ses murs et ses premiers blessés ont été soignés sur son sol", ajoute le CNS à propos de la mosquée.

Les Comités locaux de coordination, qui regroupent des militants actifs sur le terrain, ont dénoncé un "acte barbare qui s'ajoute aux crimes commis par Assad": "Ce ne sont pas seulement des pierres qui ont été détruites mais aussi un patrimoine religieux et historique choyé par le peuple syrien".

En deux ans de conflit, un grand nombre de sites historiques ont été endommagés ou pillés en Syrie.

Pour sa part, l'agence officielle Sana, citant un responsable à Deraa, a accusé le Front jihadiste al-Nosra, d'avoir "fait sauter" la mosquée.

"Les terroristes du Front al-Nosra regroupés à Deraa ont visé le minaret de la Mosquée Omari", a indiqué ce responsable anonyme ajoutant que "le gouvernorat avait procédé les deux dernières années à des opérations de maintenance de ses infrastructures".

"Tous les indices prouvent que les terroristes ont fait exploser le minaret. Ce sont les mêmes qui avaient auparavant visé des mosquées à Deraa, dont celle d'Abou Bakr al-Siddiq", a-t-il assuré en arguant que "les terroristes avaient obtenu des fatwa (décrets religieux) les autorisant à viser les lieux de culte si cela s'avérait nécessaire".

Dans la terminologie du régime, le mot "terroriste" désigne les rebelles.

L'Unesco et d'autres organisations internationales ont exprimé à plusieurs reprises leur inquiétude à propos de ces sites, dont six sont inscrits au Patrimoine mondial de l'humanité comme la veille ville d'Alep et celle de Damas, ainsi que le Krak des chevaliers, célèbre château croisé.

kam-rm/sk/sw

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