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Venezuela : Henrique Capriles aurait amorcé des pourparlers avec l'armée

13/04/2013 01:05 EDT | Actualisé 13/06/2013 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Henrique Capriles, candidat de l'opposition à l'élection présidentielle au Venezuela, aurait entamé des discussions avec l'état-major des forces militaires du pays, dimanche, selon un haut responsable de sa campagne.

Cette rencontre se déroulait plus de quatre heures et demi après la fermeture des bureaux de scrutin, après que la population se soit rendue aux urnes pour élire un successeur au défunt Hugo Chavez.

Le responsable s'est confié sous le couvert de l'anonymat car il n'était pas autorisé à dévoiler cette information. Il a dit ne pas connaître la nature des discussions, mais le clan Capriles, en privé, a laissé sous-entendre qu'il croit être en position pour gagner l'élection.

Durant l'heure précédente, M. Capriles et son rival Nicolas Maduro, président par intérim et candidat choisi par Hugo Chavez pour lui succéder, étaient engagés dans une guerre de mots sur Twitter.

Rocio San Miguel, un analyste indépendant en matière de sécurité, a écrit sur Twitter que le ministre de l'Intérieur Nestor Reverol rencontrait également l'état-major des forces militaires.

Plus tôt dimanche soir, les tensions s'étaient amplifiées au pays, alors que les responsables de campagne de M. Maduro laissaient sous-entendre que leur candidat avait été élu. De leur côté, les partisans du parti de l'opposition croyaient que le scrutin avait été marqué par des pratiques irrégulières.

Jorge Rodriguez, le leader de la campagne de Nicolas Maduro, avait rappelé qu'il ne pouvait révéler les résultats du scrutin avant que les autorités officielles en fassent l'annonce. Mais il a dit croire que M. Maduro l'avait emporté parce que celui-ci souriait et parce qu'il invitait ses supporters à se rassembler au Palais présidentiel.

C'est à cet endroit que les partisans de Hugo Chavez se réunissaient pour célébrer les triomphes de l'ancien leader, décédé d'un cancer le 5 mars dernier.

Les responsables de campagne de M. Capriles ont aussitôt dénoncé les propos de M. Rodriguez. Ramon Guillermo Aveledo, un coordonnateur de la campagne de M. Capriles, a affirmé que le gouvernement «tentait de voler l'élection».

«Ils savent très bien ce qui s'est passé, et nous aussi», a déclaré M. Aveledo, lors d'une conférence de presse convoquée à la dernière minute. «Ils trompent leurs gens et ils essaient de tromper la population de ce pays.»

Dans son compte Twitter, Henrique Capriles a laissé sous-entendre que le scrutin avait été entaché par de la fraude.

«Nous alertons le pays et le monde de l'intention de changer la volonté du peuple!»

Dans un gazouillis précédent, M. Capriles avait pressé ses partisans de ne pas se sentir «désespérés et vaincus».

Bill Richardson, un ancien gouverneur du Nouveau-Mexique et un ambassadeur de longue date, a obtenu l'assurance de la part des deux candidats qu'ils respecteraient l'issue du scrutin, selon ce qu'il a confié à l'Associated Press.

«Je ne suis pas venu ici en tant qu'observateur, mais j'ai rencontré les deux candidats — M. Maduro hier (samedi) et M. Capriles aujourd'hui (dimanche). Et je suis optimiste, parce qu'ils m'ont tous deux dit qu'ils respecteraient la règle de droit et la volonté de la population», a confié M. Richardson.

Les électeurs qui ont maintenu Hugo Chavez en poste pendant 14 ans devaient décider dimanche s'ils optaient pour le fidèle bras droit qu'il a choisi pour poursuivre la révolution qui lui a fait gagner la confiance des moins nantis de la population, mais qui est considérée par plusieurs Vénézuéliens comme étant un drame qui ruine leur pays.

Aux quatre coins de Caracas, des camions hurlant des slogans en faveur de M. Chavez ont réveillé les Vénézuéliens bien avant l'aube, en accord avec la tactique traditionnelle des socialistes afin de «faire sortir le vote». Cette fois-ci, ils ont aussi ajouté la voix de M. Chavez qui chante l'hymne national vénézuélien.

Mais les files d'attente ont paru beaucoup moins importantes que lors du scrutin d'octobre dernier, remporté par Hugo Chavez, alors que plus de 80 pour cent des électeurs avaient exercé leur droit de vote.

Par ailleurs, certains bureaux de scrutin sont demeurés ouverts quelques minutes après l'heure de fermeture prévue, parce que des citoyens continuaient de se présenter aux urnes.

Nicolas Maduro espérait continuer à surfer sur la vague de nostalgie des Vénézuéliens afin de remporter le scrutin présidentiel, dimanche.

L'élu héritera d'une société minée par de nombreux problèmes sociaux et économiques que le candidat de l'opposition, Henrique Capriles, s'est efforcé de mettre en lumière à chaque arrêt de sa campagne électorale.

Au départ, Nicolas Maduro était donné grand favori de cette course à la présidence. Mais au cours de la dernière semaine, l'écart entre le dauphin politique de Hugo Chavez et son adversaire s'est rétréci.

Lors de son dernier discours de campagne, jeudi, M. Maduro a laissé entendre que la tâche qui l'attendait était titanesque, plaidant qu'il était difficile d'être à la fois président et «leader d'une révolution».

Selon Siobhan Morden, analyste des enjeux latino-américains à la firme Jefferies LLC, le Venezuela risque d'être confronté à une stagnation sur le plan économique, et les options de Nicolas Maduro seraient limitées, à moins qu'il n'opère un changement de cap sur le plan idéologique.

Henrique Capriles s'est engagé à rétablir les liens avec Washington, qui ont été mis à mal pendant le règne du président socialiste Hugo Chavez. Il a également proposé de mettre fin à l'envoi de pétrole bon marché à Cuba, de s'éloigner des nations qui bafouent les droits de la personne et de redynamiser l'économie du Venezuela.

Hugo Chavez avait défait Henrique Capriles lors des dernières élections présidentielles en octobre dernier.

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