NOUVELLES

Le Nouveau Parti démocratique garde sa confiance envers son chef Thomas Mulcair

13/04/2013 10:58 EDT | Actualisé 13/06/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Fort d'un vote de confiance de 92 pour cent de ses troupes obtenu samedi lors du congrès politique du parti, Thomas Mulcair, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a offert un discours à forte saveur électorale, destiné en bonne partie à séduire les électeurs de la classe moyenne.

«Le travail pour 2015 commence aujourd'hui», a lancé le chef néo-démocrate à une foule enthousiaste de 2000 personnes réunies au Palais des congrès de Montréal.

Cohérent avec son titre auto-attribué de «gouvernement en attente», le chef Mulcair s'est largement employé à attaquer les conservateurs qui sont au pouvoir, donnant beaucoup moins d'attention au Parti libéral, auquel il devra pourtant disputer le vote progressiste aux élections de 2015.

Le nom de Justin Trudeau n'a jamais été mentionné lors du congrès, même si celui-ci va sans doute se faire élire dimanche comme chef du Parti libéral. Et ce, même si un récent sondage a placé les libéraux — sous la gouverne du fils de Pierre Trudeau — en première place dans les intentions de vote.

La présentation de Thomas Mulcair avait aussi pour objectif de distinguer le NPD du parti de son adversaire Stephen Harper.

Comme lui, les néo-démocrates parlent de création de richesse, à la différence qu'ils précisent qu'elle a pour but de réduire les inégalités sociales.

«Aujourd'hui, notre pays est confronté à des niveaux d'inégalité jamais vus depuis la Grande Dépression et la classe moyenne doit se démener plus que jamais simplement pour garder la tête hors de l'eau», a lancé le chef néo-démocrate avec fougue.

«Ils (les conservateurs) sont en train de démanteler les institutions et les programmes sur lesquels comptent les Canadiens, des institutions qui nous ont définis en tant que pays», a-t-il lancé, avant de faire référence aux programmes d'assurance-emploi, de la sécurité de la vieillesse et d'assurance-maladie, trois institutions saccagées par le gouvernement conservateur, selon le NPD.

Ne s'adressant pas uniquement aux militants, mais aussi aux futurs électeurs, Thomas Mulcair a demandé aux Canadiens de faire confiance au NPD, écorchant au passage ses adversaires politiques.

«Nous n'allons pas faire comme les libéraux et Conservateurs, qui, ensemble, ont donné au Canada un des pires bilans de production de GES au monde», a-t-il déclaré. «Nous devons bâtir un Canada plus prospère, qui profite à tout le monde».

Et pas juste aux mieux nantis, a insisté le chef. Le NPD est le «choix entre leur gouvernement (conservateur) qui place les intérêts des lobbys avant l'intérêt public et un gouvernement qui construit une économie stable et durable pour tout le monde».

Le congrès était définitivement placé sous le signe de la préparation électorale.

«Au cours de la prochaine campagne, les conservateurs vont être confrontés à la machine électorale du NPD, une machine plus forte et mieux huilée que tout ce qu'ils ont eu à affronter par le passé», a lancé M. Mulcair pour bien faire passer le message: pour gagner, il faut commencer maintenant.

Et pour ce faire, de nombreux ateliers ont été organisés pour former les militants lors des trois jours du congrès: collecte de données pour identifier les partisans, techniques efficaces de porte-à-porte, utilisation de la technologie pour faire sortir le vote et méthodes efficaces de levées de fonds, rien n'avait été laissé au hasard.

Jeremy Bird, qui a organisé la campagne 2012 de Barack Obama, a donné une formation aux militants et a offert un discours enflammé, samedi, dans lequel il a prédit que les néo-démocrates prendraient le pouvoir.

«Comme les démocrates l'ont fait en 2012, les néo-démocrates peuvent et vont gagner en 2015», a-t-il dit.

Vote de confiance

Samedi, au congrès, les militants ont pu exprimer pour la première fois leur satisfaction à l'égard de leur chef depuis qu'ils l'ont choisi l'an dernier.

Les militants ont été 92,3 pour cent à dire «non» à la question suivante: «Le parti devrait-il tenir un congrès pour élire un nouveau chef?» Seulement 1205 personnes ont voté.

Thomas Mulcair a obtenu l'appui d'une très grande majorité des militants qui lui indiquent ainsi qu'ils sont prêts à accepter les changements qu'il propose pour moderniser l'image du parti et certaines de ses politiques, que plusieurs qualifient de coup de barre pour déplacer le NPD vers le centre du spectre politique.

La majorité, mais pas tous: un petit groupe de militants de l'aile gauche du NPD, le Caucus socialiste, qui estime que le parti a pris un virage injustifié vers la droite, avait fait savoir avant le vote qu'il souhaitait la tenue d'une course à la chefferie.

En 2011, 97,9 pour cent des militants néo-démocrates avaient exprimé leur confiance envers leur chef Jack Layton. Mais ce pourcentage élevé avait été obtenu un mois après la performance historique du NPD aux élections fédérales, qui avait fait du parti l'opposition officielle du gouvernement aux Communes.

Comme Thomas Mulcair, le charismatique Jack Layton avait lui aussi obtenu un score de 92 pour cent en 2006, lorsqu'il s'était fait confirmer pour la première fois dans son poste de chef.

Dimanche, les troupes du chef Thomas Mulcair vont aussi passer au vote au cours du congrès pour modifier le préambule de la constitution du parti afin d'y éliminer les références au socialisme et se déclarer, entre autres, plus ouvertes au développement des ressources naturelles. D'autres changements auxquels s'oppose le Caucus socialiste.

PLUS:pc