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Israël refuse des propositions pour libérer un détenu mourant (Palestiniens)

13/04/2013 07:04 EDT | Actualisé 13/06/2013 05:12 EDT

Le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqaë, a indiqué samedi qu'Israël avait rejeté plusieurs propositions pour libérer un détenu palestinien en danger de mort du fait de la grève de la faim intermittente qu'il mène depuis août.

M. Qaraqaë a déclaré à l'AFP que des responsables israéliens lui avaient indiqué que Samer Issaoui, 33 ans, accusé par Israël d'activités "terroristes" et actuellement hospitalisé près de Tel-Aviv, était "dans un état critique et pouvait mourir à tout moment".

Les Palestiniens ont "proposé de le libérer à Ramallah pour un temps et ils (les Israéliens, ndlr) ont refusé", a-t-il ajouté. "Nous avons accepté qu'il soit envoyé en Europe pour quelques mois pour recevoir un traitement médical, avant de revenir, mais ils ont refusé" également.

Vendredi, un responsable israélien avait affirmé que M. Issaoui pouvait "être immédiatement libéré", à condition de s'installer à Gaza. Il avait aussi indiqué qu'Israël avait proposé à l'Union européenne et à l'ONU de l'expulser vers un de leurs Etats membres.

Mais l'avocat du détenu, Jawad Boulos, a déclaré que M. Issaoui avait "fermement" rejeté cette initiative, tandis qu'un porte-parole de l'UE a affirmé ne pas avoir reçu de proposition "officielle" d'Israël.

Samedi après-midi, environ 300 personnes ont manifesté sans incident à Abu Dis (Cisjordanie), dans les faubourgs de Jérusalem-Est, pour réclamer la libération de M. Issaoui.

Selon le site d'information Ynet et la radio militaire, un groupe d'intellectuels israéliens, dont les écrivains Amos Oz et A.B. Yehoshua, ont exhorté dans une lettre M. Issaoui à mettre fin à sa grève de la faim.

"Votre acte suicidaire ne fera qu'ajouter un autre élément de tragédie et de désespoir au conflit entre les deux nations", écrivent-ils. "Donnez-vous de l'espoir afin de renforcer l'espoir parmi nous".

Jeudi, le quotidien de gauche israélien Haaretz avait publié un appel de M. Issaoui aux Israéliens: "Entendez ma voix, la voix du temps qui reste, le mien et le vôtre (...). N'oubliez pas ceux que vous avez mis en prison et dans des camps, entre les portes en fer qui emprisonnent votre conscience".

"Israéliens, je vais mourir apaisé. Je ne serai pas chassé de ma terre ni de ma patrie", assurait-il.

Arrêté en 2002 et condamné à 26 ans de prison pour "activités militaires", Samer Issaoui avait été libéré en 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit.

Mais il a été de nouveau arrêté en juillet 2012, Israël l'accusant de s'être rendu de Jérusalem-Est en Cisjordanie occupée pour y établir des "cellules terroristes" et réclamant qu'il effectue le reste de sa peine initiale, alors que le Palestinien affirme y être allé pour réparer sa voiture.

M. Issaoui, un militant du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP, mouvement marxiste-léniniste), est le dernier des quatre détenus palestiniens menant une grève de la faim de longue durée: deux ont mis fin à leur mouvement en février et le troisième a été libéré en mars, avec obligation de rester 10 ans à Gaza.

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