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Hosni Moubarak, le pharaon déchu, refait surface l'air confiant

13/04/2013 07:31 EDT | Actualisé 13/06/2013 05:12 EDT

Hosni Moubarak, qui a dirigé l'Egypte sans partage pendant trois décennies avant d'être renversé en février 2011, est apparu samedi l'air confiant, loin de l'image d'homme brisé par le sort et la maladie qu'il donnait lors de son premier jugement.

Le juge principal s'étant retiré dès l'ouverture de son nouveau procès auquel il comparaissait, une nouvelle cour va devoir être trouvée pour rejuger l'ancien homme fort de l'Egypte, dont la condamnation à la réclusion à perpétuité en 2012 avait été cassée.

M. Moubarak est apparu assis et non plus couché sur sa civière, esquissant un sourire en saluant l'audience de la main. Toujours enfermé dans un box grillagé, il a devisé de manière apparemment détendue avec son fils Gamal, lui aussi inculpé.

La santé de M. Moubarak, qui aura 85 ans en mai, est l'objet d'incessantes spéculations et informations contradictoires faisant état tour à tour de dépression aiguë, d'un cancer, d'accidents cardiaques ou de problèmes respiratoires.

Donné pour "cliniquement mort" en 2012 par l'agence officielle Mena, il est actuellement placé en détention dans un hôpital militaire de la banlieue du Caire en attendant un nouveau jugement, étant accusé de la mort de centaines de personnes lors du soulèvement (25 janvier-11 février 2011) et de corruption.

Son apparition devant un tribunal en août 2011, étendu sur sa civière, enfermé dans le box des accusés, loin de l'image de dirigeant autrefois courtisé sur la scène internationale et redouté en Egypte, avait marqué l'opinion.

Lors de son arrivée à la tête du pays en 1981, après l'assassinat du président Anouar el-Sadate par des islamistes, personne ne prédisait beaucoup d'avenir à cet homme manquant de charisme.

Né le 4 mai 1928 dans une famille de la petite bourgeoisie rurale du delta du Nil, Mohammed Hosni Moubarak a fait ses preuves dans l'armée, jusqu'à devenir commandant en chef des forces aériennes, puis vice-président de Sadate en avril 1975.

Réputé pragmatique, mais de plus en plus coupé du peuple et orgueilleux, il s'est appuyé sur un redoutable appareil policier et un parti à sa dévotion pour étendre son emprise et régner sans partage sur son pays, le plus peuplé du monde arabe.

Le maintien contre vents et marées des accords de paix conclus en 1979 avec Israël et sa réputation de "modéré" au sein du monde arabe ont valu à son régime autocratique les faveurs de l'Occident, en particulier des Etats-Unis, dont il est resté un allié indéfectible.

Avec sa silhouette trapue, sa chevelure toujours drue malgré l'âge et son regard souvent dissimulé derrière des lunettes de soleil, M. Moubarak était devenu une figure familière des réunions internationales.

Il s'est aussi montré un adversaire résolu de l'islamisme radical façon Al-Qaïda, mais sans parvenir à enrayer la montée du mouvement conservateur des Frères musulmans, dont l'un des cadres, Mohamed Morsi, a pris sa succession en juin 2012 à la tête du pays.

La politique d'ouverture économique suivie dans les dernières années du régime Moubarak a valu à l'Egypte une amorce de décollage économique remarqué, mais aussi une aggravation des inégalités, du mécontentement social et de la corruption.

Durant sa longue carrière, il a échappé à plusieurs tentatives d'attentat et a toujours maintenu l'état d'urgence, finalement levé fin mai 2012.

Hosni Moubarak est marié à Suzanne Thabet, qui fut très influente dans son entourage. Leurs deux fils, Alaa et Gamal -ce dernier a longtemps fait figure de dauphin pour la présidence de l'Egypte- comparaissent en même temps que leur père pour corruption.

jaz-cr/tp

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