POLITIQUE

Entrevue avec le chef du NPD, Thomas Mulcair

13/04/2013 09:38 EDT | Actualisé 13/06/2013 05:12 EDT
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Tom Mulcair, leader of Canada?s main opposition New Democratic Party, speaks during an interview in New York, U.S., on Thursday, March 14, 2013. During a visit to Washington this week Mulcair told U.S. lawmakers and executives that he opposes the Keystone XL oil pipeline, according to the Edmonton Journal. Photographer: Peter Foley/Bloomberg via Getty Images

Montréal - Si Thomas Mulcair s'inquiète de voir Justin Trudeau prendre les rênes du Parti libéral, il ne le laisse aucunement paraître.

Le chef du NPD est à Montréal pour toute la fin de semaine, à l'occasion d'un congrès qui servira à définir le programme électoral du parti. Environ 2000 délégués étaient d'ailleurs présents au Palais des congrès vendredi soir, au moment où M. Mulcair s'est entretenu avec le Huffington Post.

N'en déplaise à ceux qui croient que l'élection de 56 nouveaux députés au Québec, pour la plupart inconnus, était due à la popularité et au charisme personnels de Jack Layton, M. Mulcair est convaincu de voir la vague orange de 2011 déferler de nouveau à la prochaine élection fédérale.

« Nous allons non seulement conserver tous et chacun des sièges que nous détenons actuellement au Québec, on s'en va chercher plusieurs autres », affirme-t-il.

M. Mulcair, qui a parcouru les quatre coins de la province, soutient que les Québécois viennent spontanément le voir pour discuter du travail de leur député néo-démocrate.

« Nos députés sont archi bien connus et très respectés dans leurs circonscriptions respectives. Ils ont fait leur nom. Maintenant, je vous mets au défi de citer les noms de quelques-uns des députés Blocquistes que la plupart d'entre eux ont remplacés », dit-il sur un ton de bravade.

« Nos députés ne prennent rien pour acquis : ils ont vendu des cartes de membre, ils organisent des activités de financement dans leur circonscription, ils connaissent les élus locaux et sont impliqués avec tous les groupes communautaires. Ils sont sur le terrain. La plupart d'entre eux font du porte-à-porte et participent à des assemblées publiques à chaque semaine. Je suis très fier d'eux. »

Thomas Mulcair et Jack Layton (décédé quatre mois après le plus grand succès électoral de l'histoire du NPD) ont pris la peine de former leur imposante aile parlementaire. Ils ont fait en sorte que leurs députés néophytes puissent cimenter leur victoire, tisser des liens dans leurs collectivités et mettre sur pied des associations locales solides.

« Ils ont tous compris le message », se réjouit M. Mulcair.

Les députés néo-démocrates souhaitent certainement se faire réélire pour conserver leur salaire annuel de 162 200 $, mais une part importante de leur motivation tient au fait que le Québec est la clé qui pourrait mener leur parti au pouvoir.

« Il est évident que nos candidats ne s'attendaient pas tous à gagner. Mais ils ont gagné et servent admirablement bien la population. La priorité de ma prochaine campagne fédérale sera d'assurer la réélection de chacun d'entre eux, car ils sont la base qui nous permettra de former un gouvernement. »

Si les recrues du NPD avaient pour défi de faire connaître leur nom, Thomas Mulcair doit pour sa part gagner des points dans les sondages. Sa cote de popularité personnelle n'a pas grimpé depuis qu'il est devenu chef du parti en mars 2012.

Or M. Mulcair ne se dit pas inquiet, et croit même que le succès électoral de 2011 pourra se répéter. Selon lui, les Québécois sont encore prêts à soutenir un parti fédéraliste leur offrant une vision positive et optimiste des choses. Le problème est que ce genre de message, orienté sur la participation du Québec, est exactement le même qu'entend livrer Justin Trudeau en 2015.

Justement, M. Mulcair est très avare de commentaires envers son rival potentiel, dont l'élection au poste de chef du Parti libéral est quasiment assurée ce dimanche. Les Libéraux profiteraient selon lui d'une lune de miel éphémère, car de nombreux sondages ont démontré que le NPD reste en tête au Québec, loin devant tous les autres partis fédéraux.

« Le NPD ne sera pas en campagne électorale dans deux semaines et demie, ni même dans deux mois et demi. On aura deux ans et demi pour montrer les différences entre nos deux formations, nos bilans, se qu'on a fait par le passé respectivement, et surtout l'équipe, l'expérience, l'expertise et ce qu’on est capables d’accomplir. »

« Moi, je suis convaincu que les Canadiens, pour la plupart, partagent la vision progressiste du NPD », conclut-il. « C'est un travail de longue haleine. »

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