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Processus de paix: sans percée politique, Washington se rabat sur l'économie

12/04/2013 08:02 EDT | Actualisé 12/06/2013 05:12 EDT

Les efforts américains pour enclencher des négociations israélo-palestiniennes tournent à vide, au point que le secrétaire d'Etat John Kerry a dû se rabattre sur une entente économique en Cisjordanie, aussitôt minée par les rumeurs de démission du Premier ministre palestinien.

Washington tentait néanmoins de faire bonne figure, le président Barack Obama se félicitant jeudi d'une "fenêtre d'opportunité" pour une reprise du processus de paix, en jachère depuis près de trois ans.

M. Kerry a balayé mardi toute illusion d'un retour à brève échéance à la table des négociations, au terme d'une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens.

"Nous avons du travail à faire, nous rentrons faire notre travail", a-t-il déclaré, jugeant "plus important de faire bien que vite" pour que de futurs pourparlers aient une chance d'aboutir.

"Il y a chez les Américains une réelle volonté de mettre sur les rails un processus politique différent du précédent", explique l'analyste palestinien Abdelmajid Souilem, en référence à l'expérience de septembre 2010, quand les négociations s'étaient arrêtées peu après leur lancement, à l'expiration d'un moratoire sur la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée.

"Mais Israël n'a quasiment rien donné jusqu'à présent en échange de l'engagement des Palestiniens à ne pas se tourner vers le tribunal de La Haye ou les agences de l'ONU", le temps de voir si la diplomatie américaine parvenait à des progrès, selon lui.

L'administration Obama tablait sur des "gestes de bonne volonté" du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour convaincre le président palestinien Mahmoud Abbas de négocier, des espoirs déçus lors de la visite de M. Kerry, selon les médias israéliens.

"Concernant les gestes réclamés par les Palestiniens, il n'y en aura qu'à la table des négociations", a prévenu un haut responsable israélien cité par le site d'information Ynet.

Du point de vue d'Israël, "sont exclus la libération de prisonniers, le transfert d'armes aux services de sécurité palestinien et les projets économiques exigeant le moindre transfert de territoire au contrôle palestinien", écrit le quotidien Haaretz, estimant qu'"à ce stade le plus grave désaccord est entre les Etats-Unis et Israël".

En conséquence, M. Kerry n'a pu se targuer que d'une entente avec les responsables israéliens et palestiniens pour "promouvoir le développement économique en Cisjordanie", un modeste résultat immédiatement terni par les critiques palestiniennes et la résurgence des rumeurs persistantes de démission du Premier ministre Salam Fayyad, appelé à mettre en oeuvre ce projet.

"Cette visite a abouti à un recul de l'idée de négociations politiques au profit d'un soi-disant plan de développement économique", a déploré un dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanna Amirah.

En outre, l'éventuelle démission de M. Fayyad, occultée un temps par les récentes manoeuvres diplomatiques dans la région, est revenue d'actualité.

M. Fayyad, un économiste crédité par la communauté internationale de l'édification d'institutions capables de porter un Etat et formé aux Etats-Unis, comptait proposer jeudi sa démission à M. Abbas, auquel l'oppose un différend sur la démission du ministre des Finances.

Mais la rencontre a été reportée sine die.

Et ce report a été annoncé après une déclaration d'un représentant du département d'Etat américain affirmant qu'à sa connaissance, M. Fayyad, ne démissionnerait pas. "D'après ce que je sais, il reste".

Dans le cadre des efforts arabes pour aider à relancer le processus de paix, le comité de suivi à la Ligue arabe va envoyer une délégation ministérielle le 29 avril à Washington pour rencontrer MM. Obama et Kerry.

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