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Une étude démontre les choix musicaux de gens

12/04/2013 05:39 EDT | Actualisé 12/06/2013 05:12 EDT
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TORONTO - Les signaux d'une région spécifique du cerveau peuvent aider les scientifiques à prédire la décision d'une personne lorsqu'il est temps d'acheter de la nouvelle musique. Ces activités cérébrales les aideront aussi à savoir le montant que la personne est prête à débourser pour cette musique, révèle une étude du centre NEURO de l'Institut et hôpital neurologiques de l'Université McGill de Montréal.

La recherche, destinée à une publication dans la revue Science de vendredi, a identifié une zone particulière qui devient active lorsque les personnes entendent une chanson pour la toute première fois. En mesurant l'activité cérébrale dans cette zone du cerveau — connue sous le nom de noyau accumbens —, cela permet aux scientifiques de déterminer avec précision le degré d'appréciation de la personne qui entend ce nouveau son.

«C'est la partie du cerveau qui est responsable des attentes qu'on se fait avec le temps, indique la principale chercheuse, Valorie Salimpoor, en entrevue téléphonique. Ça joue un grand rôle dans la musique parce que, à mesure qu'elle joue, nous nous formons beaucoup d'attentes, positives ou négatives.»

Mme Salimpoor et ses collègues du centre NEURO ont mené leur recherche en créant une fausse boutique de musique ressemblant à iTunes. Les participants à l'étude ont écouté 60 chansons qu'ils n'avaient jamais entendues auparavant et devaient utiliser leur propre argent pour acheter celles qu'ils voulaient.

Ils étaient observés en imagerie par résonance magnétique (IRM) pendant qu'ils consultaient la sélection musicale. Ils devaient dire le prix qu'ils étaient prêts à débourser pour chaque chanson. Ces chansons étaient disponibles soit gratuitement, soit à 99 cents, 1,29 $ ou 2,00 $.

Mme Salimpoor a expliqué que l'accumulation de l'activité neurologique du noyau accumbens prédisait avec précision comment les participants appréciaient chacune des chansons et le prix qu'ils étaient prêts à payer pour l'obtenir.

Le plaisir que les gens ont ressenti en écoutant le nouveau matériel était différent de l'anticipation d'entendre une chanson familière, a-t-elle souligné, ajoutant que les réactions aux sons aimés venaient d'une partie connexe mais différente du cerveau. Elle a également souligné que l'étude prouvait que l'appréciation de la musique est subjective.

Les chercheurs ont noté que le noyau accumbens et le cortex temporal supérieur, la partie du cerveau qui a été formée par tous les sons entendus pendant une vie entière, avaient une influence réciproque, a-t-elle expliqué.

Les gens développent différentes notions sur la façon dont la musique devrait sonner, basées sur les sons qu'ils ont entendus à travers le temps, précise-t-elle. Le cortex temporal supérieur de tous les humains se met à jour différemment, influencé par son exposition à différents styles musicaux.

«Le fait que le noyau accumbens fonctionne de façon aussi cohérente avec cette zone suggère que les attentes que nous nous faisons, pendant que nous écoutons de la nouvelle musique, dépendent vraiment des sons que nous avons déjà entendus dans le passé, et de nos règles intériorisées basées sur notre culture, qui s'inspirent de nos goûts musicaux», souligne Mme Salimpoor.

Elle précise que cette recherche est la suite d'une étude qui mentionnait que l'appréciation de la musique avait des liens avec quelques-uns des blocs à la base de la génétique humaine.

«Cette recherche a prouvé que les humains sécrètent de la dopamine dans leur cerveau lorsqu'ils écoutent de la musique en expérimentant de puissantes émotions. C'est le même processus lorsqu'on mange ou pendant une relation sexuelle. Une telle activité cérébrale met la musique pratiquement à égalité avec des activités biologiquement nécessaires pour la survie de l'être humain», conclut Mme Salimpoor.

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