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Chypre pour une aide supplémentaire de l'UE, en dehors du plan de sauvetage

12/04/2013 11:00 EDT | Actualisé 12/06/2013 05:12 EDT

Chypre a demandé à l'Union européenne une aide destinée à retrouver la croissance et à préserver la cohésion sociale face à l'impact des mesures draconiennes imposées dans le cadre du plan de sauvetage avalisé vendredi à Dublin par la zone euro.

Le président chypriote Nicos Anastasiades a déclaré aux journalistes qu'il écrirait à cette fin au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

Cette lettre "soulignera la nécessité d'un changement de politique de l'UE envers Chypre, en lui accordant une aide supplémentaire, tenant compte des difficultés auxquelles nous faisons face en raison de la crise économique et des mesures qui nous sont imposées", a-t-il dit sans plus de précisions.

Des responsables chypriotes et de l'Union européenne ont souligné que cette aide n'avait rien à voir avec le prêt de 10 milliards d'euros accordé à Nicosie par la troïka UE-Banque centrale européenne-Fonds monétaire international.

Le gouvernement chypriote "n'a pas demandé une aide financière additionnelle dans le cadre du mémorandum avec la troïka (... mais) espère obtenir des ressources additionnelles significatives pour financer la croissance et la cohésion sociale", a expliqué son porte-parole, Christos Stylianides.

Chypre cherche en particulier à obtenir des fonds dans le cadre du "Multiannual Financial Framework 2014-2020", mis en place pour soutenir les pays membres souffrant des sérieuses conséquences de la crise de l'euro.

"Les Chypriotes demandent de l'aide sous la forme d'une assistance technique sur la manière d'utiliser les fonds structurels, ce que nous avons promis de faire via une +task-force+ à Nicosie", a précisé à Dublin une source européenne sous couvert d'anonymat.

La zone euro a avalisé vendredi les modalités du plan d'aide à Chypre, qui pourra entrer en vigueur une fois approuvé par plusieurs Parlements nationaux, a indiqué le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem.

"J'espère que nous allons pouvoir finaliser ces procédures d'ici fin avril", a précisé Olli Rehn, commissaire européen en charge des Affaires économiques.

Mais pour obtenir ces 10 milliards d'euros, l'île devra trouver par elle-même 13 milliards, soit 6 de plus que prévu initialement.

L'essentiel de cette somme proviendra de la restructuration du secteur bancaire, avec une ponction sur les dépôts supérieurs à 100.000 euros, une mesure qui doit rapporter 10,6 milliards d'euros.

Nicosie doit aussi mettre en oeuvre des privatisations pour au moins un milliard d'euros et se livrer à des augmentations d'impôts pour 600 millions d'euros.

Dans ce contexte, le PIB de Chypre devrait se contracter très fortement pendant deux ans, en chutant de 8,7% en 2013 et encore de 3,9% en 2014, avant de repartir timidement à la hausse en 2015 (1,1%), selon les estimations de la troïka.

La décision en mars d'une ponction sur les dépots --inédite dans le cadre d'un plan de sauvetage de la zone euro-- avait entraîné la fermeture des banques pendant douze jours pour éviter une fuite des capitaux, et obligé les autorités à imposer des mesures de contrôle de capitaux à leur réouverture.

Certaines de ces mesures ont été allégées vendredi: les virements entre banques chypriotes sont autorisés à hauteur de 300.000 euros et la limite des paiements et virements à l'étranger sans justificatif passe de 5.000 à 20.000 euros. Mais les retraits en espèces restent limités à 300 euros par jour, par personne et par banque.

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