NOUVELLES

Bahreïn: l'opposition entame une série de protestations avant le GP de F1

12/04/2013 11:52 EDT | Actualisé 12/06/2013 05:12 EDT

Des milliers de Bahreïnis ont manifesté vendredi près de Manama, au premier jour d'une série de protestations de l'opposition, placées sous le slogan "La démocratie, c'est notre droit", à l'occasion du Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn prévu la semaine prochaine.

Arborant le drapeau bahreïni, couleur rouge et blanc, la foule a défilé en fin d'après-midi dans le calme près de Aali, une localité chiite au sud de Manama, en chantant des slogans hostiles au régime.

La manifestation était organisée par l'opposition, notamment chiite, qui a prévu 10 jours de protestations, du 12 au 22 avril, coïncidant avec le GP.

Bahreïn, petit royaume du Golfe, est le théâtre de troubles récurrents depuis février 2011 en raison d'un mouvement de contestation animé par les chiites, majoritaires, contre la dynastie sunnite des Al-Khalifa au pouvoir.

Lors de l'édition 2012 du Grand Prix, l'opposition chiite avait organisé des manifestations, parfois violentes, pour attirer l'attention sur ses demandes de réformes politiques, mais sans entraver le déroulement de la course. Celle-ci avait été néanmoins annulée en 2011 en raison des troubles.

"Que le monde sache, la tyrannie ne peut plus nous gouverner", et "A bas Khalifa", ont répété les protestataires en référence au Premier ministre, cheikh Khalifa Ben Salmane Al-Khalifa, un oncle du roi en poste depuis 1974.

Le chef du principal groupe de l'opposition chiite, Al-Wefaq, cheikh Ali Salmane, qui a participé à la manifestation, a expliqué que l'initiative était destinée à soutenir les "revendications d'une transition démocratique".

"Nous ne voulons pas entraver la course de F1 mais nous cherchons à mettre à profit la présence des médias (...) pour faire entendre les revendications du peuple à transformer Bahreïn en un pays démocratique", a-t-il déclaré.

Il a appelé ses partisans à participer "massivement à une manifestation le 19 avril", jour des essais libres du GP de Bahreïn sur le circuit de Sakhir, au sud de Manama.

De son côté, le Mouvement du 14 février, un groupe radical qui organise la contestation sur les réseaux sociaux, a manifesté dans la nuit contre le GP de F1. "Votre course, un crime", ont scandé des centaines de ses partisans à Khamis, un village chiite, où un policier a été blessé, selon les autorités.

Dans une lettre ouverte adressée aux participants au Grand Prix de Bahreïn, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et d'autres ONG ont appelé les pilotes à s'engager "à soutenir la liberté et la justice à Bahreïn", par des déclarations à la presse ou sur les réseaux sociaux.

"Vous pouvez également dédier publiquement votre course à l'un des nombreux prisonniers d'opinion détenus pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion", ajoutent-elles.

Human Rights Watch a dénoncé mercredi une vague d'arrestations "arbitraires" de militants de l'opposition à l'approche du GP de F1.

Le Britannique Damon Hill, champion du monde de F1 en 1996, a appelé le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Jean Todt, à prendre position sur la situation à Bahreïn.

"Je pense que la position de Jean est de ne rien dire parce qu'autrement, il fera de la politique. C'est une erreur car, en réalité, il est dans la politique (...) par sa participation à l'économie et à la réputation" de Bahreïn, a-t-il ajouté.

Selon la FIDH, au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation il y a plus de deux ans.

Opposition et pouvoir ont entamé le 10 février une nouvelle session du dialogue national, mais les discussions piétinent.

bur/tm/mcl

PLUS:afp