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Appel in extremis de Chypre pour un allègement des conditions du plan d'aide

12/04/2013 06:35 EDT | Actualisé 12/06/2013 05:12 EDT

Chypre a lancé in extremis un appel à l'Union européenne pour un allègement des conditions prévues par un plan de sauvetage censé empêcher une faillite de l'île et qui devait être finalisé lors d'une réunion vendredi des ministres des Finances de la zone euro à Dublin.

Le président de Chypre Nicos Anastasiades a déclaré vendredi qu'il allait demander à l'Union européenne une "aide supplémentaire" pour l'île, qui fait face à des mesures de plus en plus lourdes imposées dans le cadre du plan de sauvetage convenu en mars avec les bailleurs de fonds internationaux -Union européenne, Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE).

Il ne s'agit pas d'une demande d'argent supplémentaire, a assuré à Dublin, un diplomate chypriote alors que Berlin a affirmé que le montant de l'aide promise à Chypre ne changerait pas.

Chypre va devoir faire des efforts plus importants que prévus. Sous le choc de mesures sévères visant son secteur bancaire, l'île devra finalement trouver 13 milliards d'euros, soit près de six milliards de plus que prévu initialement, dans le cadre du plan de sauvetage.

"La situation peut-elle encore empirer ?", titrait vendredi la quotidien local de langue anglaise Cyprus Mail, à la suite de l'annonce d'une révision à la hausse de la dette.

Le plan de sauvetage conclu le 25 mars prévoit théoriquement que Chypre reçoive 9 mds EUR de la zone euro, via son fonds de secours, et 1 md du FMI.

Pour expliquer le passage de 17,5 à 23 mds EUR, une source proche du dossier a souligné que les besoins prévus de financement de l'Etat ont augmenté en raison d'une récession plus forte que prévu qui assèche ses recettes.

Le président Anastasiades a affirmé devant les journalistes avoir déjà parlé au commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, avant le début de la réunion de Dublin.

Il a également indiqué qu'il écrirait au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, pour "souligner la nécessité d'un changement de politique de l'UE envers Chypre, en lui accordant une aide supplémentaire, tenant compte des difficultés auxquelles nous faisons face en raison de la crise économique et des mesures qui nous sont imposées".

"Nous ne demandons pas d'argent supplémentaire mais une aide renforcée de la +task force+ de la Commission européenne", a assuré un diplomate chypriote à l'AFP à Dublin.

"Il y a un énorme malentendu. Les Chypriotes demandent de l'aide sous la forme d'une assistance technique sur la manière d'utiliser les fonds structurels, ce que nous avons promis de faire via une task force à Nicosie", a indiqué une source communautaire sous couvert d'anonymat.

D'autre part, le président de la BCE Mario Draghi a écrit cette semaine au président chypriote pour lui demander de "ne pas faire pression" sur le gouverneur de la Banque centrale de Chypre, Panicos Demetriades, a confié à l'AFP une source proche du dossier vendredi.

Une commission éthique du Parlement chypriote a décidé mercredi qu'elle allait enquêter sur le bilan de M. Demetriades pour déterminer s'il avait agi contre l'intérêt général en n'ayant pas prévenu à temps de la chute de la banque Laïki, la 2ème du pays, rapporte le Financial Times.

A Nicosie, le président Anastasiades a fait savoir vendredi qu'il écrirait à Mario Draghi pour lui expliquer que l'enquête ne signifie pas que le gouvernement envisage de démettre M. Demetriades.

Entre-temps, Chypre a allégé les mesures de contrôle de capitaux décidées dans le cadre du plan de sauvetage, en levant les restrictions sur les transactions inférieures à 300.000 euros.

Mais le ministère des Finances maintient les restrictions prévoyant de limiter les retraits en espèces à 300 euros par jour, par personne et par banque.

Le ministère a également décidé de lever de 5.000 à 20.000 euros par mois le montant autorisé pour les paiements et virements à l'étranger, sans autorisation préalable.

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