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Une loi russe sur les ONG dérange les Occidentaux

11/04/2013 04:09 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT

« Agents de l'étranger ». Cette expression prononcée par le président russe Vladimir Poutine au sujet des ONG recevant un financement de l'étranger a suscité de vives réactions des Occidentaux et des associations russes.

Lors d'une entrevue avec une télévision allemande la semaine dernière, M. Poutine que 654 ONG en Russie avaient reçu dernièrement de l'étranger environ 910 millions de dollars.

Selon lui, ces financements ont été perçus dans les quatre mois qui ont suivi l'entrée en vigueur fin 2012 d'une loi plaçant sous un contrôle strict les ONG qui bénéficient d'un financement étranger, et les qualifie d'« agents de l'étranger ».

Une soixantaine d'associations russes ont demandé au président de donner les détails des chiffres avancés et les noms des associations qui reçoivent l'aide de l'étranger.

Selon ces associations, le nombre avancé par M. Poutine est supérieur de dix fois au nombre réel.

Mardi, la Russie a lancé des poursuites contre Golos, une ONG en pointe dans la dénonciation de fraudes présumées lors des législatives de décembre 2011 qui avaient été suivies d'une contestation sans précédent contre le régime russe. Il est reproché à l'ONG d'avoir omis de s'inscrire sur le nouveau registre des « agents de l'étranger » comme l'exige la loi.

Des ONG ont indiqué qu'elles n'allaient pas s'inscrire sur ce registre.

Préoccupation européenne

Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks, en visite à Moscou, a déclaré jeudi être « très préoccupé par cette situation ».

« Nombre de nos partenaires sont pratiquement paralysés » par la nécessité de fournir de si nombreux documents aux autorités qui mènent les inspections, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

« Cette loi est mauvaise », a-t-il lancé, dénonçant le recours à une terminologie « stigmatisante » pour la société civile.

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