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Syrie: la TV dément puis confirme une vidéo sur l'attentat contre un religieux

11/04/2013 11:58 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

La télévision d'Etat syrienne a confirmé, après avoir démenti, la véracité d'une vidéo sur l'attentat qui a coûté la vie à un haut dignitaire religieux pro-régime en mars.

Fait unique, la télévision s'est "excusée" pour avoir démenti l'authenticité de cette vidéo relayée sur internet cette semaine et qui montre le cheikh Mohammad Saïda al-Bouti, le plus célèbre dignitaire religieux sunnite pro-régime de Syrie, au moment de l'explosion du 21 mars dans une mosquée à Damas.

Dans cette vidéo, vraisemblablement filmée par une caméra de la mosquée, cheikh Bouti donne un cours religieux à la mosquée Al-Imane. Après l'explosion, le cheikh apparaît chancelant sur son siège et arrange sa coiffe.

En quelques secondes, un homme apparaît de dos devant la caméra, s'approche du cheikh et l'étreint avant de s'éloigner, alors que le corps du dignitaire s'affaisse du côté droit. Trois hommes viennent ensuite évacuer le dignitaire, dont le visage apparaît ensanglanté.

La télévision d'Etat avait estimé mardi que la vidéo était "truquée", accusant des chaînes satellitaires arabes critiques du régime d'"exploiter le sang du martyr".

La chaîne s'était lancée dans une argumentation où elle expliquait que la vidéo avait été filmée à partir d'un écran de télévision, s'appuyant sur la mauvaise qualité de l'image et la disparition du son après l'explosion.

Mais mercredi, la télévision a invité sur son plateau le fils de cheikh Bouti, cheikh Mohammad Toufic, qui a confirmé les faits apparus dans la vidéo.

"Ceux qui étaient présents m'ont dit qu'ils ont vu le visage et le corps de mon père, qu'il s'est penché de côté et qu'il a arrangé sa coiffe", a-t-il dit.

Il a indiqué que le premier homme apparu sur la vidéo était son fils Ahmad, "assis face à son grand-père", et qui a également été tué dans l'explosion.

Quelques heures plus tard, coup de théâtre: la télévision syrienne est revenue sur ses propos. "Ayant douté de la véracité de la vidéo dans notre journal télévisé d'hier et par souci de crédibilité, nous nous excusons auprès de nos téléspectateurs de l'erreur dans laquelle nous sommes tombés", a indiqué le présentateur du journal télévisé.

La télévision ne revient toutefois pas sur la version du régime selon laquelle l'attaque était l'oeuvre d'un kamikaze.

Détesté par l'opposition largement sunnite, le cheikh délivrait chaque vendredi un prêche à la télévision officielle.

ram/sk/mcl

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