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Synchro: Meng Chen a déjà mis son empreinte après avoir succédé à Julie Sauvé

11/04/2013 11:47 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Meng Chen a vécu son baptême de feu comme entraîneure-chef de l'équipe canadienne de nage synchronisée en décembre, à l'occasion du Trophée mondial de la FINA. Mais c'est ce week-end à Sheffield, à l'occasion des Championnats de la Grande-Bretagne, qu'elle présentera pour la première fois les fruits de son travail.

Car c'est en janvier que Chen a entamé le véritable travail de développement avec ses nageuses, notamment avec celles qui ont obtenu les postes de premier plan dans l'équipe en vue du nouveau cycle olympique, soit la soliste Chloé Isaac ainsi que Stéphanie Leclair et Karine Thomas au sein du duo.

Elles participeront toutes trois aux épreuves à Sheffield, samedi et dimanche. Chen aura alors l'occasion de voir, pour la première fois cette saison dans un cadre compétitif, où elles en sont dans leur progression et ce qu'elles devront améliorer d'ici les Championnats du monde en juillet, à Barcelone.

Chen avait déjà une bonne idée de ce qu'elle voulait entreprendre, toutefois. Après tout, elle était l'une des adjointes de Julie Sauvé lors du cycle de quatre ans menant aux JO de Londres. Elle lui a ensuite succédée l'automne dernier.

«J'ai changé des choses, a indiqué Chen lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. On ne repart pas à zéro, mais j'ai modifié notre façon d'aborder les entraînements. Je me concentre davantage sur les besoins individuels. Je veux que les nageuses soient excellentes en tout — la flexibilité, la technique, le sens artistique, l'aspect psychologique, la résistance aux blessures. Je veux que chaque nageuse sur l'équipe soit — ou devienne — quasi parfaite.»

Tout en préservant et bonifiant la spécificité canadienne, elle espère relever les standards au plan technique au sein de l'équipe.

«J'adore l'esprit canadien. La passion et la liberté, l'imagination et l'innovation... C'est pour ça que j'aime être ici, a-t-elle lancé avec conviction. Je veux donc garder l'esprit canadien tout en bonifiant le sens de la chorégraphie qui le caractérise. Je veux amener nos nageuses à pouvoir pratiquer tous les styles de choréographie — ballet, contemporain, hispanique, rock...

«Mais je veux aussi que mes athlètes soient très solides techniquement», a-t-elle ajouté, en souhaitant voir ses nageuses rejoindre la même niveau d'excellence que les Chinoises.

«C'est ma mentalité, c'est vrai, a reconnu celle qui a déjà fait partie de l'équipe chinoise de nage synchronisée. J'ai le sentiment que le Canada a besoin d'un petit quelque chose de plus. Juste un petit quelque chose.»

La nageuse Chloé Isaac a noté que le Canada a fait un bon bout de chemin avec Sauvé, remontant jusqu'au quatrième rang du classement mondial.

«Maintenant, on est rendu à une étape où les nageuses sont prêtes à se développer techniquement, a dit Isaac. C'est justement ça dont on avait besoin pour faire le pas de plus.»

L'autre objectif de Chen est de rétrécir l'écart entre les nageuses à l'intérieur même de l'équipe canadienne.

«Ce que j'ai constaté ces quatre dernières années, c'est que nous avons des nageuses très bonnes, mais d'autres qui sont plus faibles, a déclaré l'entraîneure. À ce stade-ci je suis très contente d'avoir trois nageuses aussi fortes (en Isaac, Leclair et Thomas) et je veux augmenter ce chiffre. De trois à cinq, de cinq à 10 puis, éventuellement, je veux que chacune des 24 nageuses dans l'équipe puissent atteindre le même niveau.»

Dans ce contexte, Chen ne pense même pas en fonction des résultats que ses nageuses obtiendront à court terme. Pas même aux Championnats du monde, qui serviront avant tout de baromètre et détermineront la marche à suivre en vue du reste du cycle olympique menant aux JO de Rio en 2016.

«Je veux que les nageuses croient qu'il n'y a pas de limites. Elles ne doivent pas penser aux résultats, pas à ce moment-ci, a souligné l'entraîneure. Nous recherchons la meilleure performance possible. C'est à nous de montrer que nous pouvons faire des choses que les autres sont incapables de faire, en tant qu'équipe.

«Nous avons une très bonne équipe, elle est juste jeune, elle a besoin d'expérience. Mais le potentiel est incroyable.»

Après l'étape britannique du week-end, Chen et les nageuses canadiennes participeront à l'Omnium du Brésil, du 15 au 19 mai à Rio de Janeiro. Les épreuves de nage synchronisée aux Mondiaux se dérouleront du 20 au 28 juillet.

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