NOUVELLES

Suicide de Rehtaeh Parsons : enquête sur la réaction des autorités

11/04/2013 03:48 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

HALIFAX - La colère populaire face au suicide d'une adolescente violée et intimidée en Nouvelle-Écosse a poussé le premier ministre, Darrell Dexter, à confier à l'un de ses ministres la tâche de revoir de façon exhaustive la façon dont les autorités ont géré le dossier.

La ministre responsable de la Condition féminine, Marilyn More, aura donc pour mandat de travailler de concert avec ses homologues de la Justice, de l'Éducation, de la Santé et des Services communautaires afin de s'assurer que du soutien soit en tout temps offert aux victimes de violence sexuelle, a indiqué M. Dexter.

Devant les élus de la législature néo-écossaise, le premier ministre Dexter a affirmé qu'il souhaitait obtenir des précisions en temps opportun afin de répondre aux inquiétudes suscitées au sein de la population par le suicide de Rehtaeh Parsons.

Darrell Dexter a assuré qu'il ferait tout en son pouvoir afin de bâtir une communauté mieux outillée pour faire face à ce genre de situation.

Il a également déclaré que la famille de l'adolescente de 17 ans souhaitait le voir dénoncer publiquement le recours à la violence comme moyen de répondre à l'intimidation.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a dit être au courant des informations selon lesquelles des menaces auraient été proférées contre les personnes impliquées dans l'enquête sur Rehtaeh Parsons.

La jeune femme s'est pendue la semaine dernière, et elle a rendu l'âme plus tard après que ses parents eurent consenti à demander l'arrêt des appareils de maintien de ses fonctions vitales.

Avant de commettre l'irréparable, Rehtaeh Parsons avait été victime d'intimidation pendant des mois, après avoir été agressée sexuellement et avoir vu des photos de l'événement circuler sur Internet, selon sa famille.

Le gouvernement néo-écossais s'est retrouvé sous le feu des critiques après que le ministre de la Justice, Ross Landry, eut initialement refusé d'ouvrir une enquête sur la conduite de la GRC, à qui l'adolescente s'était adressée pour dénoncer l'agression sexuelle dont elle avait été victime en novembre 2011.

Le ministre Landry a par la suite changé son fusil d'épaule. Il a affirmé avoir demandé à des hauts responsables de déterminer pour quelles raisons la GRC et le Service des poursuites pénales avaient conclu que rien ne permettait de déposer des accusations contre les agresseurs.

M. Landry a ajouté jeudi qu'il avait échangé avec son homologue fédéral, Rob Nicholson, et lui a demandé une rencontre pour discuter des moyens qui pourraient être mis en oeuvre afin d'améliorer les dispositions du Code criminel en ce qui a trait à l'intimidation.

De son côté, la ministre de l'Éducation, Ramona Jennex, s'est tournée vers le Conseil scolaire régional de Halifax afin de s'enquérir de la façon dont il a géré le dossier de Rehtaeh Parsons.

Quelque 300 personnes ont participé à une vigile en mémoire de la jeune femme, jeudi soir, dans un parc de Halifax. Le Parlement avait accepté de libérer les députés plus tôt, jeudi, afin que ceux-ci puissent y prendre part.

PLUS:pc