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Régimes de retraite: les villes demandent à Québec d'agir et vite

11/04/2013 03:17 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - À quelques jours du dévoilement du rapport D'Amours sur les régimes de retraite publics, l'Union des municipalités du Québec et certains maires de grandes villes demandent au gouvernement du Québec d'intervenir de façon globale, tout en leur laissant une marge de manoeuvre pour négocier localement.

Le président de l'UMQ, Éric Forest, ainsi que les maires de Montréal, Michael Applebaum, de Gatineau, Marc Bureau, et de Sherbrooke, Bernard Sévigny, ont rencontré la presse, jeudi à Montréal, pour décrier la situation financière des régimes de retraite municipaux.

Le déficit actuariel atteint 4,8 milliards $ pour l'ensemble des villes qui ont un régime de retraite à prestations déterminées, ont-ils rappelé.

Et les maires ne veulent pas avoir à hausser les taxes municipales pour parvenir à respecter leurs obligations quant à leurs régimes de retraite.

M. Forest, qui est aussi maire de Rimouski, assure qu'il ne demande pas à Québec d'adopter une solution unique pour tous, puisque 216 régimes à prestations déterminées existent dans 104 municipalités.

«D'abord, on veut rééquilibrer le rapport de forces qui est inexistant. Ensuite, il n'y a pas une seule solution. Ce qu'on souhaiterait, c'est qu'on soit dans un principe de négociation de la meilleure dernière offre, c'est-à-dire qu'on détermine les balises, les objectifs, quel pourcentage peut être considéré comme le plafond des coûts des régimes, et voir comment on peut réaménager» le tout par la négociation, a résumé M. Forest.

«Ce qu'on veut, c'est faire un cadre global, et de nous permettre d'être capables de négocier, qu'on puisse trouver nos propres solutions à l'interne, mais qu'on soit tenus à des résultats, sinon on tranchera pour la dernière meilleure offre», a expliqué M. Forest.

Réactions syndicales

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ), qui représente la grande majorité des employés municipaux au Québec, rappelle que le tout doit être négocié avec les syndicats locaux. Et il exprime son ouverture.

«Il y a des vrais problèmes de régimes de retraite; on va trouver des solutions. Est-ce que ça passe par le partage de risques dans certains cas? Oui. Est-ce que ça passe par une hausse de cotisation dans d'autres dossiers? Oui. Mais ça ne sera pas l'ensemble de ces réponses-là. Ce qui est sûr, c'est qu'on l'a réglé, l'avenir des régimes de retraite, dans une cinquantaine de villes», a lancé Marc Ranger, directeur adjoint du SCFP responsable du secteur municipal.

Aux maires qui demandent un rééquilibrage des forces, M. Ranger réplique qu'il n'y a pas eu de grève des employés municipaux qui ont nui aux citoyens depuis longtemps. «Nous, on croit profondément au principe de la libre négociation», lance-t-il, rappelant que des ententes ont été conclues à Montréal et Laval et que des négociations ont cours dans bien d'autres villes.

«Partout on va trouver des solutions intelligentes. On n'a pas besoin de se faire imposer quoi que ce soit; on l'a prouvé», martèle M. Ranger.

Le président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, Michel Parent, un syndicat réputé pour son militantisme, rappelle que lui-même a réussi à s'entendre avec l'employeur, à la surprise générale.

«Il y a possibilité d'y avoir des ententes. Si on a été capables de le faire avec la Ville de Montréal, le Syndicat des cols bleus, d'après moi tous les syndicats sont capables de le faire. Cependant, ça doit se faire à une table de négociation. C'est aux parties de se rencontrer et de regarder leur problématique», a conclu M. Parent.

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