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Changements à l'aide sociale: 5 manifestations auront lieu au Québec jeudi

11/04/2013 05:47 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Le mouvement de contestation contre la réforme de l'aide sociale annoncée par la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, s'élargit.

En plus d'un blitz de manifestations dans cinq villes du Québec, jeudi, des directions de santé publique de la province ont ajouté leurs voix aux protestations.

Des opposants à la réforme se sont rassemblés à Montréal; au bureau du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale sur la rue Saint-Amable, à Québec; au bureau de circonscription du président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, à Saguenay; sur le parvis de la Cathédrale de Rimouski et au Centre local d'emploi de Sherbrooke, sur la rue King Ouest.

Les manifestants ont demandé au gouvernement du Parti québécois de renoncer aux coupes décrétées, qui, à leur avis, viendront exercer des pressions et un stress supplémentaires chez plusieurs prestataires qui ne possèdent aucune marge de manoeuvre financière.

Les intervenants de première ligne et les directeurs de la santé publique sont pour leur part d'accord avec l'objectif de favoriser l'employabilité, mais la manière adoptée par le gouvernement péquiste est jugée périlleuse.

À leur avis, malgré la bonification de certaines prestations annoncée plus tôt cette semaine, les plus démunis en seront appauvris.

«Pour ce qui est de l'employabilité, on est tous d'accord avec ça, mais les mesures restent à préciser», a dit en entrevue le directeur de la Santé publique de Montréal, le docteur Richard Massé.

Il a ajouté qu'il est encore trop tôt pour garantir que les coupes annoncées ne viendront pas affecter un équilibre déjà précaire.

«Où peuvent-ils couper? Le classique est de couper dans l'alimentation. On peut déjà voir l'impact pour les personnes et les enfants, de là les difficultés et les problèmes de santé qui peuvent en découler», a dit le docteur Massé.

Les directeurs de santé publique de Montréal ont offert leurs services pour aider la ministre Maltais à réaliser des études d'impact nécessaires avant de mettre en oeuvre les modifications annoncées.

Le docteur Massé affirme que l'expertise existe au Québec et que les médecins sont disposés à rencontrer la ministre et les dirigeants de son ministère pour minimiser les risques des compressions annoncées.

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a pour sa part répliqué à la sortie des directeurs de la santé publique, estimant qu'ils n'avaient pas saisi le sens même de la réforme.

«Ce que les directeurs n'ont pas compris, c'est l'objectif de la réforme de ma collègue, qui visent justement de sortir certains bénéficiaires de l'aide sociale de la pauvreté en les remettant sur le marché de l'emploi», a déclaré le ministre à Québec.

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