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La Russie, "première" source d'inquiétude en Europe (général américain)

11/04/2013 04:38 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

La Russie continuera d'être la "première source d'inquiétude" en Europe dans les années à venir, a estimé jeudi le général américain Philip Breedlove, nommé pour prendre la tête des forces militaires américaines et de l'Otan en Europe (Saceur).

"La Russie restera la première source d'inquiétude dans la région d'ici 2020 en raison de sa situation géographique, de ses ressources naturelles, de ses forces militaires et de son désir d'influence régionale", même si elle fait face à des "faiblesses systémiques", a affirmé le général dans un témoignage écrit pour son audition de confirmation par le Sénat américain comme prochain patron militaire de l'Otan.

Selon lui, les Etats-Unis et l'Otan devront montrer leur soutien à leurs alliés "qui vivent dans la sphère d'influence autoproclamée par la Russie".

Mais, s'il a reconnu lors de son audition que la politique dite de "remise à zéro" entreprise en 2009 par le président américain Barack Obama avec Moscou marquait une pause depuis que Vladimir Poutine est redevenu chef de l'Etat, le général Breedlove a souligné devant les sénateurs la nécessité de "tendre la main" à la Russie en dépit des différends sur la Syrie ou le bouclier antimissile en Europe.

Destiné à fournir un parapluie contre une menace balistique limitée venue d'Iran, ce bouclier antimissile est perçu par la Russie comme portant atteinte à sa sécurité et à sa dissuasion.

"Nous continuons de penser que la coopération avec la Russie sur la défense antimissile permettrait d'améliorer la sécurité à la fois de l'Otan et de la Russie", a plaidé le général américain.

Il faut selon lui "arrêter de traiter ou de considérer la Russie comme un ennemi et essayer de l'amener vers un partenariat".

S'il est confirmé par le Sénat, le général Breedlove remplacera au poste de Saceur l'amiral James Stavridis. Le général des Marines John Allen, ancien patron de la coalition internationale en Afghanistan, avait dans un premier temps été nommé pour le poste avant de renoncer et de prendre sa retraite à la suite d'un scandale dans lequel il a pourtant été blanchi.

Ce témoignage a été publié au moment où la Maison Blanche annonçait la visite d'un proche collaborateur de M. Obama à Moscou dimanche et lundi prochains.

Tom Donilon, conseiller de sécurité nationale du président, évoquera avec de hauts responsables russes "les prochains développements de notre relation bilatérale, ainsi qu'un ensemble de questions importantes de politique étrangère, de sécurité et économiques", a expliqué la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Caitlin Hayden.

De même source, cette visite préparera aussi les rencontres à venir entre les présidents Obama et Poutine, censés participer aux sommets du G8 en Irlande du Nord en juin et du G20 à Saint-Pétersbourg (Russie) en septembre.

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