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La Corée du Nord baisse le ton; Séoul et Washington restent vigilants

11/04/2013 09:14 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

La Corée du Nord a pris une pause dans sa série de menaces qu'elle profère depuis plusieurs semaines envers la Corée du Sud et son allié américain, tandis que Pyongyang célébrait jeudi le premier anniversaire de l'accession au pouvoir de Kim Jong-un à la tête du régime.

Ces célébrations surviennent quatre jours avant la commémoration de l'anniversaire de naissance du fondateur de la dynastie au pouvoir, Kim Il-sung, le 15 avril 1912. Ce dernier a pris le pouvoir en 1948 et l'a conservé jusqu'à sa mort, en 1994.

Preuve du changement d'atmosphère en Corée du Nord, le pays soutient que des invités de marque sont arrivés à Pyongyang pour les célébrations entourant la commémoration de l'anniversaire du père fondateur du pays. Une situation contradictoire avec l'annonce de Pyongyang, il y a quelques jours, qui demandait aux étrangers de quitter son territoire parce que le pays ne serait bientôt plus en mesure d'assurer leur sécurité en raison de l'imminence d'une guerre avec la Corée du Sud.

Malgré cette apparente accalmie, Séoul et Washington demeurent en état d'alerte. Les deux alliés ont relevé mercredi le niveau d'alerte au plus haut niveau avant l'état de guerre, craignant que Pyongyang procède à un tir de missile au cours des prochains jours. Selon les évaluations de la défense américaine et sud-coréenne, la Corée du Nord aurait déployé cinq missiles de moyenne portée sur sa côte orientale. Les missiles nord-coréens, des Musudan, ont un rayon d'action de 4000 km. Ils pourraient théoriquement atteindre la Corée du Sud, le Japon ou l'île américaine de Guam, dans l'océan Pacifique.

« La Corée du Nord déplace fréquemment ses missiles, en les sortant ou les rangeant dans un hangar, ce qui nécessite une surveillance étroite », a indiqué un responsable des services de renseignement sud-coréens. Le commandement des forces conjointes à Séoul a d'ailleurs augmenté le personnel affecté au renseignement, et Séoul a déjà contacté la Chine et la Russie afin qu'elles intercèdent auprès de la Corée du Nord pour atténuer les tensions qui secouent la région.

Une menace sérieuse

La correspondante de Radio-Canada en Chine, Catherine Mercier, s'est rendue à Séoul, où elle constate que les Sud-Coréens vaquent à leurs occupations sans trop se préoccuper de la menace qui plane sur la région. La journaliste confie toutefois que lorsqu'on les interroge, les Sud-Coréens avouent songer à l'éventualité d'un affrontement militaire, mais n'osent pas imaginer que la Corée du Nord puisse passer de la parole aux actes.

La Corée du Nord suscite par ailleurs la controverse au sein de la classe dirigeante chinoise, alors que certains croient qu'il est temps d'être plus ferme avec la voisine coréenne, et d'autres qu'il faut maintenir l'alliance nord-coréenne pour faire contrepoids à la présence américaine dans la région.

Mardi, la Corée du Nord a surenchéri en agitant à nouveau le spectre d'une guerre « thermonucléaire » et en conseillant aux étrangers en Corée du Sud de partir.

Elle avait déjà averti les pays étrangers possédant une mission diplomatique à Pyongyang qu'elle ne serait plus en mesure de garantir leur sécurité à compter du 10 avril.

Pyongyang a également retiré mardi les 53 000 employés nord-coréens travaillant sur le site industriel intercoréen de Kaesong, dont l'accès est interdit aux travailleurs sud-coréens depuis le 3 avril.

Mercredi, le plus important poste-frontière chinois avec la Corée du Nord, Dandong (nord-est), était fermé pour les groupes de touristes, mais était toutefois ouvert pour les affaires.

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