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John Baird rencontre une ministre israélienne en territoire occupé

11/04/2013 12:20 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le ministre canadien des Affaires étrangères assure qu'il ne faut rien lire dans un geste qu'il a posé lors de sa visite au Proche-Orient, geste que tous les diplomates occidentaux évitent.

John Baird a rencontré la ministre israélienne de la Justice dans son bureau à Jérusalem-Est. Or, la communauté internationale estime que cette partie de Jérusalem est illégalement occupée par les Israéliens. Les représentants des États-Unis et des pays de l'Union européenne refusent d'y mener des tractations officielles avec des Israéliens.

Au cours d'une conférence de presse à Londres, jeudi, sur le chemin du retour vers Ottawa, le ministre Baird a minimisé l'importance de sa visite.

«Où j'ai pris un café avec Tzipi Livni, (...) ça n'annonce pas un changement de la politique étrangère canadienne», a dit le ministre alors que le journal israélien Haaretz titrait: «Le ministre canadien des Affaires étrangères brise un tabou».

«Je ne suis tout simplement pas intéressé à m'engager dans ces questions de sémantique: si vous avez une rencontre avec une personne d'un côté de la rue, c'est correct, si vous avez une rencontre de l'autre côté de la rue, ça ne l'est pas», s'est encore défendu M. Baird.

L'affaire n'est toutefois pas prise à la légère par ceux qui vivent le conflit du Proche-Orient depuis des générations.

Un fonctionnaire du ministère israélien des Affaires étrangères a confié au journal Haaretz que le ministre Baird a agi malgré les avis contraires de l'ambassade canadienne à Tel Aviv. Du côté des Palestiniens, Hanan Ashrawi, porte-parole de l'Organisation de libération de la Palestine, est citée dans des articles de presse en qualifiant l'incident de «dangereux précédent».

Paul Dewar, porte-parole néo-démocrate en matière d'Affaires étrangères, a quant à lui décrit la rencontre comme une bourde qui démontrait «un manque flagrant de compréhension par rapport au conflit» au Proche-Orient.

«Plutôt que de saper la capacité du Canada de jouer un rôle constructif pour bâtir la paix, il aurait dû renouveler l'aide canadienne à l'Autorité palestinienne», a-t-il déclaré.

«Cela serait très utile pour favoriser la paix et la sécurité dans la région.»

M. Baird a rencontré la fin de semaine dernière le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le premier ministre Salam Fayyad, et son homologue ministériel pour discuter de sécurité et de développement économique.

S'il a qualifié les rencontres de «très productives», le ministre Baird a toutefois souligné que la position canadienne était bien éloignée de celle des Palestiniens.

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