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Des études concluent que la preuve d'une pénurie de main-d'oeuvre est mince

11/04/2013 05:01 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Y a-t-il une pénurie de main-d'oeuvre au Canada? Plusieurs employeurs affirment que oui, mais des sondages menés dans le milieu des affaires et des recherches gouvernementales indiquent que la preuve est, au mieux, mince et épisodique.

Au milieu du brouhaha déclenché par un sous-traitant de la Banque Royale afin d'amener des travailleurs étrangers temporaires pour remplacer des travailleurs canadiens, les partis de l'opposition sont impatients de revenir au Parlement, lundi, afin de dénoncer la décision du gouvernement Harper, le printemps dernier, d'assouplir les règles d'embauche pour les travailleurs étrangers.

Le gouvernement bénéficie du soutien de l'Association des manufacturiers et des exportateurs du Canada, qui a publié un sondage interne auprès de ses membres démontrant la difficulté de trouver des travailleurs qualifiés. L'association s'attend à ce que le problème s'aggrave au cours des cinq prochaines années.

Le vice-président de la politique nationale à l'association, de Mathew Wilson, a expliqué que les pénuries sont très répandues, mais plutôt aiguës dans certaines industries et régions, particulièrement en Saskatchewan, au Manitoba et à Terre-Neuve-et-Labrador.

«Les entreprises avec lesquelles nous avons parlé en Saskatchewan sont prêts à embaucher chaque jour tout travailleur qui se présente. Ils ont à ce point besoin de main-d'oeuvre», mentionne M. Wilson.

Selon M. Wilson, il y a eu beaucoup d'emplois perdus dans le secteur manufacturier, dont 71 000 au cours de la seule dernière année.

Les résultats de cette enquête tombent alors que des ministres — notamment Jim Flaherty aux Finances et Diane Finley aux Ressources humaines — soutiennent que le Canada accuse des déficits de compétences, ce qui ralentit la croissance économique du pays.

«Beaucoup d'emplois dans le secteur manufacturier ne se trouvent pas dans les grands centres du Canada, précise M. Wilson. C'est difficile pour une entreprise située dans une ville de Saskatchewan, dont la population est de 300 personnes, d'être capable d'embaucher des travailleurs de Toronto. C'est aussi difficile pour quelqu'un de Windsor d'aller s'installer dans la péninsule de Terre-Neuve-et-Labrador pour travailler dans les mines», explique-t-il.

Cela contredit cependant d'autres études et enquêtes — dont une du ministère de Mme Finley —, qui concluent que ce problème touche une minorité d'industries.

Les principales données sur l'emploi — selon l'enquête sur la main-d'oeuvre de Statistiques Canada — indique que le taux de chômage atteint 7,2 pour cent, soit plus de un point de pourcentage de plus qu'en 2008. Environ 1,4 million de personnes sont sans emploi, ce qui est plus élevé qu'avant la récession de 2008.

Selon l'expert du Centre d'étude des niveaux de vie Andrew Sharpe, la pénurie de l'offre est une cause probable de l'augmentation des salaires. Par contre, il n'y a pas d'indications d'une hausse salariale au Canada dans n'importe quelle industrie.

En moyenne, le salaire hebdomadaires a augmenté de 2,1 pour cent au cours de la dernière année, soit à peu près le taux d'inflation.

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