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Banques centrales: le FMI craint un retrait désordonné des plans anti-crise

11/04/2013 09:37 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

La stabilité financière pourrait être menacée par un retrait "désordonné" des mesures exceptionnelles prises par les principales banques centrales pour lutter contre la crise, a estimé jeudi le Fonds monétaire international (FMI).

"Dans certains cas, les risques ne proviennent pas des politiques non-conventionnelles elles-mêmes mais des difficultés à y mettre un terme", a écrit le Fonds dans un rapport, en prélude à ses prévisions économiques mondiales publiées mardi.

Depuis le déclenchement de la crise, les banques centrales de plusieurs pays riches, notamment la Fed aux Etats-Unis et la BCE en Europe, sont engagées dans une politique coûteuse mêlant rachat d'actifs et abaissement des taux d'intérêts afin d'injecter des liquidités et éviter un resserrement du crédit.

Dans son rapport, le FMI appelle les banques centrales et les dirigeants à agir avec prudence quand un retour à la normale sera amorcé.

Les risques "devront être anticipés et gérés, notamment parce que les politiques d'assouplissement monétaires représentent un terrain inconnu", estime le Fonds.

L'institution s'inquiète notamment d'une future hausse des taux d'intérêts, tombés à des planchers historiques en Europe et aux Etats-Unis.

"Une remontée désordonnée ou excessive (...) compliquerait fortement l'adaption au nouvel environnement financier", indique le rapport, ajoutant que la qualité de certaines créances pourrait être affectées.

"A court terme, les banques faiblement capitalisées pourrait en pâtir", souligne le Fonds.

L'institution de Washington redoute également "l'incertitude" qui plane sur la stratégie des banques centrales concernant les titres de dette publique qu'elles ont acquis en masse pendant la crise pour soutenir les Etats.

Une mise en vente précipitée pourrait affoler les marchés et faire monter les taux d'intérêts demandés aux pays par les marchés.

"Ces défis mettent en lumière l'importance d'une stratégie de communication bien planifiée et clairement articulée", souligne le FMI.

La Fed et la Banque du Japon détiennent actuellement 10% de la dette de leurs gouvernements respectifs tandis que 5 à 6% de la dette espagnole et italienne seraient entre les mains de la Banque centrale européenne, selon le rapport.

jt/sl/rap

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