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11-Septembre: la défense des accusés, surveillée, exige un report d'audience

11/04/2013 04:28 EDT | Actualisé 11/06/2013 05:12 EDT

La défense de plusieurs accusés du 11-Septembre a demandé jeudi un report de l'audience prévue prochainement à Guantanamo, après avoir appris que leurs boîtes électroniques contenant des échanges confidentiels avec leurs clients avaient été surveillées.

James Connell, l'avocat du Pakistanais Ali Abd al-Aziz Ali, l'un des cinq accusés des attentats du 11 septembre 2001, a annoncé avoir déposé une requête en urgence auprès du juge militaire après "la révélation que les communications électroniques de la défense et leurs dossiers sur ordinateur étaient en danger".

La prochaine audience préliminaire dans cette affaire devait s'ouvrir le 22 avril sur la base de Guantanamo.

Pour les mêmes motifs, le juge James Pohl, qui préside le tribunal militaire d'exception, a reporté, à la demande de la défense, l'audience du Saoudien Abd al-Rahim al-Nachiri, accusé de l'attentat meurtrier contre le navire américain USS Cole, qui devait se tenir à partir de lundi.

"Cette nouvelle révélation est la dernière d'une série concernant le contrôle de la salle du tribunal, l'existence d'instruments de surveillance cachés et la fouille du courrier" entre les accusés et leurs avocats, a souligné James Connell dans un communiqué.

Elle intervient notamment "après la saisine de plus de 500.000 courriels contenant des communications protégées avocats-clients", a renchéri Walter Ruiz, avocat du Saoudien Moustapha al-Houssaoui.

"Cela a pour effet d'entraver notre capacité de travail", dit-il dans un communiqué distinct.

La veille, selon Me Connell, la colonel Karen Mayberry, responsable des avocats militaires de Guantanamo, leur a ordonné de cesser d'échanger des courriers confidentiels sur le réseau du Pentagone, après la découverte, dans l'affaire d'un autre accusé, que des messages avaient été remis à l'accusation par le personnel militaire chargé de la sécurité de l'information.

Le juge James Pohl a autorisé jeudi un report à la mi-juin de l'audience d'al-Nachiri.

Les accusés du 11-Septembre ainsi que M. Nachiri encourent la peine de mort.

Lors de la dernière audience en février, il a été révélé que les conversations, même chuchotées, entre les accusés et leurs défenseurs pouvaient être écoutées par le gouvernement, dans la salle d'audience et dans les bureaux où ils se rencontrent en privé.

chv/lor

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