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Québec empiète sur les universités en s'immiscant dans le salaire des dirigeants

10/04/2013 11:22 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Une nouvelle règle qui soumet la rémunération des hauts dirigeants universitaires à l'approbation du ministre de l'Enseignement supérieur empiète sur les responsabilités des administrateurs des universités, estime la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

Le président-directeur général de la CREPUQ, Daniel Zizian, n'est cependant pas allé jusqu'à dire que le gouvernement désavouait les conseils d'administration, en imposant cette nouvelle règle, puisqu'ils conservent la responsabilité d'établir les politiques de rémunération des cadres, comme les recteurs.

«Je ne dirais pas un désaveu, parce que le gouvernement ne dit pas: nous allons dorénavant, nous, établir. Il dit: nous demandons aux universités de soumettre les modifications qu'ils font à leur politique de rémunération», a-t-il dit en entrevue, mercredi.

M. Zizian constate cependant une intrusion dans la gouvernance des universités.

«On trouve que ça vient empiéter sur les responsabilités des conseils d'administration et à l'égard d'une gouvernance que l'on veut la meilleure, on se doit de respecter les responsabilités des conseils d'administration», a-t-il dit.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a déclaré mercredi que les salaires et autres avantages des membres des hautes directions d'universités seront suivis avec attention.

M. Duchesne a affirmé que ces institutions étant publiques, la progression de la rémunération de leurs dirigeants devra être raisonnable.

Une règle budgétaire a été adoptée par le Conseil du trésor le mois dernier afin d'établir que la croissance de la rémunération globale des dirigeants universitaires ne pourra excéder le taux prévu dans la politique salariale du gouvernement.

Lors d'un point de presse avant la période des questions, M. Duchesne a constaté que la rémunération des cadres de haute direction des universités a progressé de façon importante au cours des dernières années.

«Il n'est pas question pour l'instant de réduire les salaires ou les politiques en place, a-t-il dit. La question est de limiter la croissance parce que, ç'a été rendu public à plusieurs endroits, la croissance des salaires de haute direction dans les dernières années a quand même été assez importante.»

La règle budgétaire vise aussi à encadrer les autres avantages que le salaire des dirigeants. M. Duchesne a notamment mentionné des cas comme des résidences fournies ou encore des contrats d'entretien dont bénéficient certains.

Selon le ministre, il faut éviter les excès dans ce type de rémunération.

«Il faut s'assurer qu'on ne donne pas ailleurs, de façon déraisonnable, ce qu'on ne veut pas donner en termes de salaire, a-t-il dit. C'est normal, il y a une imputabilité publique.»

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