POLITIQUE

Des médecins demandent une couverture publique de l'imagerie médicale au Québec

10/04/2013 02:02 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT
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Doctor using digital digital tablet, checking spine X-Ray.

MONTRÉAL - Plusieurs grandes organisations de médecins regroupées sous le parapluie de Médecins québécois pour un régime public (MQRP) ont réclamé mercredi du gouvernement du Québec qu'il assure la couverture publique de l'imagerie médicale.

Présentement, l'imagerie médicale n'est couverte par le régime public qu'à l'hôpital, où les listes d'attente sont très longues, alors que la plupart des examens comme l'échographie, la tomodensitométrie ou la résonance magnétique, par exemple, doivent être payés par le patient lorsqu'ils sont réalisés à l'extérieur des établissements, en clinique privée.

Cette pratique représente une exception à la Loi sur l'assurance-maladie, à laquelle les experts souhaitent que l'on mette fin afin d'améliorer l'accès à cette activité jugée médicalement essentielle.

«On parle d'équité sociale», a indiqué la présidente du Collège québécois des médecins de famille (CQMF), la docteure Dominique Deschênes.

«Actuellement, il y a un système à deux vitesses au Québec en radiologie. On trouve que ce n'est pas acceptable. Nous croyons que les patients doivent avoir accès selon leurs besoins de santé et non selon leurs moyens de payer cette imagerie», a-t-elle ajouté.

Les représentants du MQRP, ainsi que ceux de l'Association médicale du Québec et ceux du Collège, ont fait valoir que la situation du Québec constitue une exception au Canada. Selon eux, une meilleure intégration des ressources en radiologistes, en technologues et en équipement devrait permettre de diminuer l'attente.

«Nous croyons que la couverture publique de l'ensemble de l'imagerie est non seulement souhaitable, mais aisément réalisable et relativement peu coûteuse, surtout en regard de ses impacts positifs structurants sur le système de santé», a ajouté le président du MQRP, le docteur Alain Vadeboncoeur.

Interrogé à ce sujet à Québec, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, s'est montré ouvert mais prudent, invoquant le coût d'une éventuelle couverture.

«Il faut donner un accès à tous les citoyens du Québec à l'imagerie», a d'abord reconnu le ministre Hébert.

«On commence avec le dossier de l'échographie, que nous examinons de plus près et pour lequel nous aurons des décisions (bientôt). Le reste sera examiné en temps et lieu, selon la capacité de payer de l'État», a-t-il averti.

De son côté, l'Association des radiologistes du Québec (ARQ) a reproché aux organisations de faire preuve de «pensée magique» en laissant croire que la gratuité des services d'imagerie entraînerait nécessairement une plus grande accessibilité.

«Prétendre qu'il y a une capacité significative inutilisée en cabinet et que des radiologistes s'y tournent les pouces démontre une ignorance flagrante de la pratique de la radiologie, indique son président, le docteur Frédéric Desjardins, par voie de communiqué. L'affluence nouvelle de patients en cabinets fera-t-elle travailler plus des radiologistes qui travaillent déjà à temps plein?»

Le syndicat, dont plusieurs membres exploitent des entreprises privées d'imagerie médicale, estime qu'on ne peut faire fi des coûts additionnels qu'engendrerait l'ajout de services assurés, coûts qu'il évalue à environ 100 millions $ par année.

«Si l'État veut augmenter l'accessibilité en imagerie, nous proposons d'investir cet argent dans le réseau public pour le rendre plus productif et faire plus d'examens avec les ressources en place», suggère le docteur Desjardins.