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Le patron de LVMH Bernard Arnault renonce à demander la nationalité belge

10/04/2013 07:23 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT
AP

Le patron de LVMH Bernard Arnault a indiqué qu'il renonçait à demander la nationalité belge, dans une interview au Monde publiée mercredi, alors que la révélation de cette démarche en septembre avait suscité un tollé en plein débat sur la taxation et l'exil fiscal des plus fortunés.

"J'ai sous-estimé l'impact de cette démarche, dont on m'avait assuré, par ailleurs, qu'elle se ferait dans la plus grande discrétion. J'ai à plusieurs reprises expliqué que je resterais résident en France et que je continuerais d'y payer mes impôts. En vain: le message n'est pas passé. Aujourd'hui, j'ai décidé de lever toute équivoque. Je retire ma demande de nationalité belge", a déclaré le patron du numéro un mondial du luxe.

Il a signifié aux autorités belges mercredi matin qu'il retirait sa demande de naturalisation, indique Le Monde.

M. Arnault explique qu'il n'a jamais souhaité quitter la France ni échapper à l'impôt, que sa démarche était avant tout patrimoniale, visant à ce que ses enfants ne puissent, par d'éventuelles querelles d'héritage, défaire l'oeuvre qu'il a construite.

Demander la nationalité belge visait à "mieux protéger la fondation belge que j'ai créée, avec comme seul objectif d'assurer la pérennité et l'intégrité du groupe LVMH si je venais à disparaître et si mes ayants droit devaient ne pas s'entendre", a-t-il déclaré.

M. Arnault, dixième fortune mondiale selon Forbes avec 29 milliards de dollars (22,1 milliards d'euros), a par ailleurs mis en avant sa conscience morale face à "la situation" de la France: "Compte tenu de la situation du pays, l'effort de redressement doit être partagé. Je veux par ce geste (l'abandon de sa demande de nationalité belge, NDLR) exprimer mon attachement à la France et ma confiance dans son avenir", a-t-il dit.

Mais "je ne veux plus être associé à une situation où l'on peut soupçonner que je souhaite l'exil fiscal", explique le président de LVMH, qui reconnaît avoir pensé à tort "que la polémique allait se calmer".

Dans cette interview, il dit aussi que "le gouvernement actuel va dans le bon sens" pour redynamiser l'économie et juge "nécessaire de lutter contre les paradis fiscaux".