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Le bureau du p. m. souhaite la révision de la décision sur la prime de risque

10/04/2013 04:27 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le gouvernement Harper tente de trouver le moyen de sortir d'un champ de mines politiques, en implorant un comité fédéral de renverser la décision de réduire à compter du 15 avril les «primes de danger» versées aux militaires en mission.

L'armée avait initialement prévu que l'allocation soit réduite de plus de 30 pour cent, ce qui aurait signifié près de 500 $ par mois en moins pour les quelque 920 soldats basés à Kaboul, qui travaillent à la formation des forces afghanes.

La décision conjointe du Conseil du Trésor et du ministère de la Défense a d'abord été justifiée par le fait que Kaboul est une ville plus sûre que le sud de l'Afghanistan, une zone instable où les soldats canadiens avaient déjà été déployés (à Kandahar).

Mais dans un exercice de contrôle des dégâts, des fonctionnaires du Bureau du premier ministre ont demandé mercredi aux membres du comité, qui ne se réunissent que quatre fois par an, de convoquer une rencontre «dès que possible» pour renverser la décision.

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, n'était pas disponible pour répondre aux questions, mais le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, a indiqué à Lévis que cette décision «inappropriée» était «révisée».

«Il est important de dire que cette décision-là a été rendue strictement sur une base d'analyse de risques et qu'elle n'est pas reliée aux différentes mesures budgétaires qu'on a mises en place», a indiqué M. Blaney.

Il est difficile de savoir à quel moment le comité se réunira, ou si la décision sera renversée avant la prochaine période de paye.

La décision de couper la prime a choqué l'opposition, qui a rétorqué que si la situation à Kaboul n'était peut-être pas aussi risquée que sur les champs de bataille meurtriers de Kandahar, les troupes se heurtaient encore à des dangers.

Les montagnes à l'est de Kaboul sont parfois le théâtre de combats entre insurgés et militaires, tandis que la capitale afghane souvent est la cible d'attentats suicides et d'embuscades menées par le réseau Haqqani, un groupe terroriste ultra-violent séparé des talibans, mais vaguement affilié à Al-Qaïda.

«Les soldats canadiens sont en service dans une mission dangereuse, indépendamment de ce qu'en pense le ministre», a déclaré le député du Nouveau Parti démocratique, Jack Harris.

Un soldat canadien — le caporal en chef Byron Greff — est mort à Kaboul, en octobre 2011, lorsqu'un kamikaze a attaqué un autocar transportant des militaires de l'OTAN.

La plupart des évaluations internes de l'armée révèlent que les risques liés aux missions dans la capitale afghane sont qualifiés de modérés à élevés.

«La décision du gouvernement conservateur de réduire les salaires des soldats danger est contraire à l'éthique, carrément minable et déloyale», a déclaré le sénateur libéral et ancien major-général, Roméo Dallaire.

«Nos troupes sont parties en mission avec un salaire préétabli, qui comprend des prestations pour le risque que représentent ces missions, et maintenant, au milieu de leur déploiement, le gouvernement fait des réductions significatives au revenu dont elles et leurs familles dépendent», a-t-il ajouté.

Depuis la fin de la mission de combat à Kandahar, il y a bientôt deux ans, plusieurs soldats et anciens combattants se sont plaint que le gouvernement fédéral était devenu radin à propos des avantages et de l'admissibilité au programme.

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