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HRW dénonce des arrestations à Bahreïn à l'approche du Grand prix de F1

10/04/2013 04:44 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Human Rights Watch (HRW) a dénoncé mercredi une vague d'arrestations "arbitraires" de militants de l'opposition, opérées par les autorités à Bahreïn à l'approche du Grand Prix de Formule 1, prévu du 19 au 21 avril sur le circuit de Sakhir, au sud de Manama.

Dans un communiqué, l'organisation de défense des droits de l'Homme écrit que "les autorités mènent des perquisitions à domicile, arrêtant arbitrairement des protestataires de l'opposition, en prévision du Grand prix de F1".

"Vingt personnes, dont des meneurs de la contestation contre le régime, ont été arrêtées" lors de ces opérations, menées "de nuit et à l'aube" et "sans mandat" par "des policiers en civil dans des localités proches du circuit" de Sakhir, ajoute l'organisation citant des sources locales.

"Ces opérations et ces arrestations suggèrent que les autorités sont plus soucieuses d'éloigner les militants de la course que de répondre à des revendications légitimes ayant conduit les Bahreïnis à descendre dans la rue", déplore Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient.

"Les autorités ont la responsabilité d'assurer la sécurité des participants au Grand prix (...) mais sans arrêter des gens pour avoir exercé leurs droits légitimes à la liberté d'expression et de réunion", a-t-elle ajouté.

"Des descentes nocturnes contre des personnes bien précises par des agents masqués, qui ne présentent pas de mandat d'arrêt ou de perquisition, semblent destinées à intimider ces personnes, leurs familles et leurs partisans", a encore dit Mme Whitson.

Le principal groupe de l'opposition chiite, Al-Wefaq, a appelé mercredi ses partisans à "intensifier les protestations et les rassemblements de masse" à partir du vendredi prochain et pendant une période de 10 jours.

Ces actions, qui coïncideront avec la course de F1 à Bahreïn, sont destinées à soutenir "les revendications d'une transition démocratique", a précisé un responsable du Wefaq, Tahar Moussaoui, dans un communiqué.

Bahreïn est secoué depuis février 2011 par une contestation animée par des chiites, majoritaires, contre la dynastie sunnite des Al-Khalifa au pouvoir.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.

L'opposition et le gouvernement ont entamé le 10 février une nouvelle session du dialogue national, mais les discussions piétinent.

Lors de l'édition 2012 du GP, l'opposition chiite avait organisé des manifestations, parfois violentes, pour attirer l'attention sur ses demandes de réformes politiques, mais sans entraver le déroulement de la course, annulée en 2011 en raison des troubles.

Les autorités avaient alors présenté la course comme le signe d'un retour de la confiance au niveau international en Bahreïn.

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