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Haïti: la ministre des Finances démissionne après un différend avec Martelly

10/04/2013 05:08 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - La ministre des Finances d'Haïti, Marie Carmelle Jean Marie, a remis sa démission mercredi à la suite d'un désaccord avec le président Michel Martelly, selon la station privée haïtienne Radio Vision 2000.

Le cabinet de M. Martelly et le premier ministre Laurent Lamothe, de qui Mme Jean Marie relevait depuis sa nomination en mai dernier, n'ont fait aucune déclaration à ce sujet.

Une personne ayant répondu au téléphone mobile de la ministre mercredi matin a affirmé que la politicienne n'était pas en mesure de prendre ses appels.

La démission de Marie Carmelle Jean Marie survient alors que les rumeurs de corruption au sein du gouvernement haïtien ne cessent de prendre de l'ampleur. Le bureau du premier ministre, Laurent Lamothe, a réagi aux allégations en publiant plusieurs communiqués disant qu'il ne tolérerait aucune magouille.

Ce départ se produit aussi au moment où les partenaires internationaux du pays sont de plus en plus mécontents du gouvernement Martelly, surtout parce qu'il n'a toujours pas organisé les élections législatives qui devaient au départ avoir lieu en 2011. Les autorités haïtiennes subissent de la pression pour que le vote se déroule d'ici la fin de l'année.

Ce scrutin permettra notamment d'attribuer 10 des 30 sièges du Sénat, qui fonctionne au ralenti depuis la fin il y a un an du mandat de nombreux sénateurs. D'autres sénateurs devront aussi quitter l'année prochaine et, faute d'élections pour leur trouver des remplaçants, la chambre haute devra cesser ses activités, ce qui pourrait entraîner l'isolement d'Haïti sur le plan international.

Le vote servira également à pourvoir des centaines de postes au niveau local. S'il n'y a pas d'élections cette année, le gouvernement haïtien a prévu remplacer 130 élus municipaux par des personnes nommées par le président.

Michel Martelly a rencontré vendredi les neuf membres du conseil électoral qui supervisera le scrutin. Il n'a toutefois pas été possible de confirmer si M. Martelly avait signé le décret créant officiellement l'organisme.

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