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Etats-Unis et Canada boycottent une réunion de l'ONU évoquant Srebrenica

10/04/2013 12:03 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT

Les Etats-Unis et d'autres pays ont boycotté mercredi une réunion à l'ONU organisée par le président serbe de l'Assemblée générale, dénoncée comme une tentative de remettre en cause le rôle des Serbes dans la guerre des Balkans des années 1990.

Cette réunion centrée sur la justice internationale, à l'initiative du président de l'Assemblée générale des Nations unies Vuk Jeremic, est "déséquilibrée" et "provocatrice", ont estimé les Américains.

Les pays européens ont quant à eux envoyé, a minima, des représentants de secong rang, tandis que le Canada et d'autres pays comme la Jordanie ont également boycotté l'événement, lors duquel le président serbe Tomislav Nikolic a déclaré que les accusés serbes étaient victimes d'un "lynchage" quasi systématique dans les tribunaux internationaux.

"On se demande quel genre d'impartialité subsiste quand il y a une atmosphère systèmatique de lynchage de tout ce qui se rapporte aux Serbes", a dit M. Nikolic.

S'il a reconnu les crimes de Srebrenica, il a exprimé l'aigreur de son pays quant à l'acquittement en novembre de deux généraux croates accusés de crimes contre les Serbes, Ante Gotovina et Mladen Markac, par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

La date choisie par Vuk Jeremic correspond par ailleurs au sombre anniversaire des 72 ans de la création de l'Etat indépendant de Croatie, Etat-satellite de l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.

Plusieurs intervenants ont même remis en question l'existence d'un génocide à Srebrenica en 1995, pour lequel sont actuellement jugés au TPIY d'anciens responsables, notamment l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic.

Pour sa défense, Vuk Jeremic a affirmé en début de réunion: "Je crois fermement qu'il ne devrait y avoir aucun sujet interdit à l'Assemblée générale". Il a pourtant, selon des diplomates, empêché une association représentante de familles de victimes de Srebrenica de s'exprimer.

"Nous regrettons en particulier que la façon dont le débat et le panel de discussions sont organisés ne permette pas de donner une voix aux victimes des atrocités commises", a indiqué Erin Pelton, porte-parole de la mission américaine à l'ONU.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est lui rendu à la conférence et y a vivement défendu le rôle et l'importance de la justice internationale.

Les tribunaux internationaux ont "conduit à une ère de responsabilité (pour leurs actes)", a-t-il répondu aux dirigeants serbes, affirmant que les chefs ou soldats responsables de crimes avaient "de moins en moins d'endroits où se cacher".

Autre membre présent à la réunion, le ministre de la justice du Rwanda Tharcisse Karugarama a également critiqué la justice internationale, disant que son pays se sentait "trahi" par le travail du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui a enquêté sur le génocide rwandais de 1994, dans lequel 800.000 personnes ont trouvé la mort.

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