NOUVELLES

Des ouvriers syriens au Liban empêchés de se rendre à leur travail (AFP)

10/04/2013 05:21 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT

Les familles de neuf pèlerins chiites libanais enlevés en Syrie ont empêché des ouvriers syriens de se rendre à leur lieu de travail près de Beyrouth, affirmant vouloir faire pression pour la libération de leurs proches, a constaté l'AFP mercredi.

Une dizaine d'hommes non armés et de femmes ont interpellé des véhicules à un carrefour situé dans une zone industrielle à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah chiite allié du régime syrien.

Ils ont demandé aux conducteurs et ouvriers syriens à bords de mini-bus de faire demi-tour après avoir vérifié leur identité, leur expliquant que leur geste était pour attirer l'attention sur leur cause.

Ils ont également fait descendre des écolières libanaises qui étaient à bord d'un mini-bus et demandé au chauffeur syrien de rebrousser chemin.

"Nous savons que ce que nous faisons n'est pas bien, mais nous sommes tellement désespérés", lance Inaya Zogheib, fille d'un otage.

"Nous n'avons rien de personnel contre les Syriens, qui vivent parmi nous depuis 30 ans", affirme de son côté Mona Termos, épouse d'Ali Termos, un autre otage.

"Mais tant que nos proches sont en détention en Syrie, on ne leur permettra pas d'avoir leur gagne-pain", s'écrie-t-elle. "Mon mari gérait un supermarché, et maintenant mes deux filles ont quitté l'université pour faire vivre la famille. Pourquoi nous font-ils ça?".

Un groupe de pèlerins chiites libanais avait été enlevé le 22 mai 2012 dans la province syrienne d'Alep (nord) alors qu'il rentrait d'un pèlerinage en Iran. Les femmes puis deux hommes ont été relâchés.

Leur rapt avait été revendiqué par un groupe dirigé par un homme se faisant appeler Abou Ibrahim et qui disait être affilié à l'Armée syrienne libre (ASL), la principale composante de la rébellion qui combat le régime, mais celle-ci a démenti toute implication.

Des milliers de Syriens travaillent depuis des décennies au Liban où le salaire est plus alléchant. Plus de 400.000 Syriens se sont réfugiés au Liban depuis le début de la guerre il y a deux ans dans leur pays, une présence qui alimente de plus en plus des sentiments xénophobes dans la société libanaise.

ram/sk/tp

PLUS:afp